Sarah Palin va démissionner de son poste de gouverneur d'Alaska
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La candidate républicaine à la vide-présidence Sarah Palin en meeting dans l'Ohio, à Green, le 22 octobre 2008 Robyn Beck AFP
ETATS-UNIS - Une décision qui pourrait lui permettre de mieux se placer pour la présidentielle de 2012...
De notre correspondant à Los Angeles
La nouvelle a plutôt surpris tout le monde. Vendredi, un jour globalement férié aux Etats-Unis (veille de la fête nationale du 4 juillet), Sarah Palin a annoncé qu'elle quitterait son poste de gouverneur de l'Alaska à la fin du mois et ne briguerait pas un second mandat. C'est le gouverneur adjoint, Sean Parnell qui assurera l'intérim.
L'ancienne colistière de John McCain, qui gouverne l'Alaska depuis 2006, a expliqué qu'elle voulait désormais «prendre position et faire bouger les choses», sans donner plus de détails. Elle a –comme souvent– refusé de répondre aux questions des journalistes.
Même si elle n'a rien déclaré en ce sens, la plupart des analystes voient dans son geste la volonté de se placer pour la prochaine présidentielle de 2012. Pour Politico.com, cette décision «la libère des contraintes quotidienne d'un gouverneur». Sarah Palin pourrait, si elle le souhaite, sillonner le pays, commencer à lever des fonds et surtout se lancer dans une opération séduction auprès des électeurs et des cadres du parti républicain.
La mission s'annonce compliquée. Lors de la fin de la campagne présidentielle, l'entourage de John McCain a largement attaqué la candidate à la vice-présidence à coup de déclarations anonymes, remettant en cause ses compétences et sa préparation. Des dissensions montrées sur la place publique cette semaine dans un passionnant article de «Vanity Fair», façon «Règlement de compte à OK Corral» –le directeur de campagne de John McCain a depuis démenti avoir questionné «l'état mental post-accouchement» de Sarah Palin.
Les républicains font face à un dilemme. Une étude du Pew Center montre que Sarah Palin reste extrêmement populaire au sein du parti, à 73% d'opinions favorables. En revanche, l'Amérique dans son ensemble est littéralement coupée en deux (45% de bonnes opinions contre 44% de mauvaises). La personnalité de Sarah Palin et ses positions ultra-conservatrices divisent, et repoussent tous les démocrates et les modérés.
Le problème du GOP («Grand old party», autre nom du parti républicain), c'est que les favoris pour 2012 tombent un à un. Bobby Jindal, la star montante, choisi pour répondre au premier discours d'Obama, s'est ridiculisé en janvier. Les gouverneurs Mark Sanford et John Ensign sont chacun empêtrés dans des histoires de coucheries, et Mitt Romney, ancien candidat à l'investiture, n'a pour l'instant pas réussi à se défaire son d'image d'élitiste opportuniste. Plus largement, la parti ne se remet pas de la triple défaite de novembre dernier (Maison Blanche, Sénat, Chambre des représentants) et cherche son identité, paralysé entre ceux favorables à un durcissement, derrière l'animateur de talk show Rush Limbaugh et ceux qui voient l'avenir du parti davantage au centre, comme Michael Steele, président du Comité national républicain.
Dans ces conditions, pensez-vous que Sarah Palin ait une chance sérieuse?

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