CYCLISME - Ils préfèrent viser les victoires d'étapes...
A trop attendre son successeur, Bernard Hinault s’énerve. Comme chaque année ou presque, le dernier tricolore vainqueur du Tour (en 1985) a cassé du cycliste français. «Ils gagnent trop d'argent et ne font pas assez d'efforts», attaque «le Blaireau» bien relayé par Laurent Fignon et Laurent Jalabert dans son effort.
Le discours n’est pas nouveau et traduit surtout une frustration face à l’incapacité française à se mêler à la bataille pour le maillot jaune. Sur les 41 bleus engagés sur cette édition 2009, aucun n’a les jambes pour aspirer un podium. D’ailleurs, personne ne s’est gardé d’évoquer cet objectif: David Moncoutié lorgne sur le maillot à pois, Sylvain Chavanel et Sandy Casar visent une victoire d’étape, Pierre Roland est là pour apprendre. «Ce n’est pas un manque d’ambition», défend Thierry Bourguignon. «Les Français sont réalistes, ils font avec leurs qualités», observe l’ancien coureur.
Plutôt qu’à viser une place dans les «vingt premiers pour satisfaire son petit ego», Thierry Bourguignon appelle ses compatriotes à de l’audace. «Il faut qu’ils soient baroudeurs, qu’ils osent. Je préfère ça à un type qui suit pour décrocher sa petite place au général. Moi, j’ai fait 21e en 1991 et bien personne ne s’en souvient», plaide l’ancien joyeux drille du peloton.
«On a une bonne génération»
Pour Frédéric Moncassin, c’est au public et aux observateurs de faire preuve de patience et d’éviter de voir des futurs Fignon ou Hinault à tous les coins de rue. «On a une bonne génération qui arrive. Je ne sais pas s’il y en a un capable de viser le maillot jaune dans le futur, mais il faut leur faire confiance et ne pas vouloir en faire à tout prix des coureurs du Tour», explique l’ex-sprinter.
Après Chavanel Sandy Casar aux débuts des années 2000, Pierre Rolland est au cœur de tous les fantasmes. A 22 ans, la pancarte pèse son poids pour le coureur de Bouygues Telecom. «On ne sait pas encore si Pierre a la caisse pour viser le général un jour. Il faut attendre deux ou trois saisons pour le laisser venir à maturité et lui parler de ce type d’objectif», juge le sage Moncassin. En 1983, Laurent Fignon enlevait la Grande Boucle dès sa première participation. Il avait 22 ans lui aussi. C’était une tout autre époque.
Alexandre Pedro