Le voile est levé sur la commission «burqa». Ce mercredi, le député (PCF) André Gerin a lancé la mission d'information parlementaire sur le port du voile intégral. Entouré de plusieurs des 32 membres (17 UMP, 11 PS et PRG, 2 NC, 1 PCF et 1 Verts) de la mission, Gerin a expliqué vouloir faire un «état des lieux», sans a priori sur les associations ou personnes auditionnées. Selon lui, l'enjeu est majeur alors qu'une «crise de civilisation» guette la France, charriant «guerre civile» et «barbarie».
«Il s'agit de la liberté des femmes. Ce n'est pas religieux»
Pour le rapporteur Eric Raoult, un UMP qui a mis «son étiquette de côté», «le problème est réel». «Qu'est-ce qu'on fait quand on voit une maman entièrement voilée sortir d'un centre commercial avec sa petite fille habillée de la même façon?», s'est demandé le député, avant de préciser: «Il s'agit de la liberté des femmes. Ce n'est pas religieux, c'est une question pratique», faisant allusion aux problèmes d'identification dans les mairies et autres administrations. Les députés défendent le choix, forcément polémique, de la burqa comme «objet d'appel» d'une réflexion sur l'intégrisme musulman et la laïcité. «Un intégrisme en appelle un autre, assure le député socialiste Pierre Forgues, qui invoque les exemples des piscines et des gymnases non mixtes. Si on continue, il est évident qu'il peut y avoir des problèmes très graves.» Des problèmes, la branche maghrébine d'Al-Qaida en promet déjà à la France, après les propos de Nicolas Sarkozy jugeant que la burqa n'était pas la « bienvenue ». Réponse d'André Gerin : « Il faut tendre la main à ceux qui veulent un islam des Lumières.» Les conclusions de la mission sont attendues mi-décembre.