La carrière du «Prince du raï» pourrait être terminée. Cheb Mami, star franco-algérienne de la musique raï, comparaît ce jeudi devant le tribunal de Bobigny (Seine-Saint-Denis). Il est accusé de tentative d'avortement forcé sur son ancienne maîtresse. Eté 2005, Camille*, photographe de presse enceinte du chanteur, est conduite de force dans une villa d'Alger. Droguée et séquestrée, elle affirme avoir subi un curetage manuel, avec pression sur son ventre de la part d'un homme et de deux femmes. La tentative d'avortement échoue et la jeune femme accouche finalement d'une fillette, en mars 2006. Auparavant, en novembre 2005, elle enregistre des propos téléphoniques de Cheb Mami - «Le sang, je l'ai vu moi. Ils t'ont grattée avec les doigts» - tendant à prouver qu'il était présent lors de l'agression.
Arrêté en octobre 2006, Cheb Mami, 42 ans aujourd'hui, était laissé en liberté après avoir versé une caution de 200 000 euros, avant de s'enfuir en Algérie en mai 2007. Sous mandat d'arrêt depuis cette date, il a finalement décidé de se livrer lundi dernier, en revenant en France. Après avoir longtemps nié toute responsabilité, il dit aujourd'hui «regretter son attitude» et impute toute la machination à son ancien imprésario et coprévenu, Michel Levy. Cheb Mami encourt dix ans de prison dans ce procès qui pourrait se tenir à huis clos, à la demande de la partie civile.
B. B.
* Le prénom a été changé.