à Marseille, La diaspora crie sa colère

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Publié le 1 juillet 2009.

Dès les premières heures de la journée, hier, plusieurs dizaines de familles comoriennes ont convergé vers l'aéroport de Marignane (Bouches-du-Rhône). Une soixantaine de personnes issues de la communauté comorienne de Marseille avaient pris place à bord du vol IY626, qui s'est écrasé au large de Moroni. Dans l'aéroport, un salon particulier et une cellule psychologique du Samu ont été mis en place. « Ils sont encore dans le déni du drame », confie Pierre Régis, directeur de l'aéroport.

Tous espèrent encore que leurs proches n'ont pas embarqué après l'escale de Sanaa (Yémen). Mais les visages dignes, sans larmes, laissent peu à peu place à la colère et aux accusations. « Ils nous mettent dans des avions poubelles et on voit le résultat », tonne Farid Soilihi, président de SOS Voyages aux Comores. Selon l'association, le drame était prévisible. « Au Yémen, on monte dans ces avions comme si on montait dans un bus. Chacun prend la place qu'il veut. Parfois, le toit tombe, les bagages chutent, ou alors il manque des sièges, des ceintures », relate Farid Soilihi. SOS Voyages aux Comores avait organisé une manifestation réunissant trois cents personnes en août 2008, à Marseille, pour informer sur les conditions de vol avec la compagnie Yemenia. Un voyage au Yémen et aux Comores a même eu lieu en mars 2009, pour obtenir des gouvernements des assurances sur la sécurité. « Nous avions aussi alerté, il y a moins d'une semaine, les ministères français des Transports, des Affaires étrangères et de l'Intérieur », indique le président de l'association.

En début d'après-midi, la tension monte d'un cran alors que la liste des passagers n'est toujours pas communiquée. « Maintenant, on va tout casser, on n'est pas des chiens », lance un homme, avant que le préfet de police finisse par obtenir le listing définitif. Au même moment, plusieurs dizaines de représentants de la communauté comorienne de Marseille se réunissent dans une annexe de la mairie. « Vous savez, ici, les Franco-Comoriens sont cantonniers ou cuisiniers et gagnent 800 euros par mois, témoigne une jeune femme, Mmadi Fatouma. Je voudrais prendre d'autres compagnies, mais avec quatre enfants, je fais comment ? » Le vol sur Yemenia coûte aux alentours de 1 500 euros, contre 2 500 euros en été sur Air France. « La réalité mondiale des diasporas, c'est souvent cela, souligne Stéphane Salord, consul des Comores à Marseille. Quand vous n'êtes pas sur des lignes de pays développés, vous rentrez par des lignes secondaires. Je souhaite que cette catastrophe alerte l'ensemble de l'opinion. » « C'est une crise grave autant pour les Comores que pour la France, car nous sommes français », rappelle Mmadi Fatouma. W

à Marseille, Laurent Berneron

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