G
Pourquoi les passagers ont-ils changé d'avion en route ? Les vols directs entre la France et les Comores ne sont plus assurés. A partir de Paris ou de Marseille, les passagers de la compagnie Yemenia rallient donc le hub de Sanaa (capitale du Yémen) en A330 avant d'embarquer dans un autre avion pour la fin du voyage. Direction Moroni, pour ceux qui se rendaient aux Comores.
G
L'A310 de Yemenia était-il vraiment interdit ? A priori, seulement en France. Selon le secrétaire d'Etat aux Transports, Dominique Bussereau, « cet avion [était] exclu du sol national parce que nous estimions qu'il présentait un certain nombre d'irrégularités dans ses équipements ». Mais l'A310 ne semble pas avoir été interdit dans le reste de l'Union européenne. Et Yemenia ne figure pas non plus sur la liste noire européenne des compagnies interdites. Le gouvernement yéménite (actionnaire de la compagnie) affirme même que l'appareil, « révisé en mai 2009 », « assurait des liaisons courantes avec l'Europe. Il y a une semaine, il avait fait une liaison avec Londres. »
G
L'avion était-il dangereux ? « En 2007, il y avait eu des remarques sur cet avion. [...] On y a remédié à temps », a assuré hier le ministre des Transports yéménite. Pour Dominique Bussereau, les remarques formulées en 2007 concernaient plutôt de « très nombreux défauts ». Fabriqué en 1990, l'A310 qui s'est abîmé était exploité par Yemenia depuis octobre 1999 et cumulait 51 900 heures de vol. « Le A310 est un bon avion. Avec un entretien adapté, il peut voler pendant des années, explique Cédric Maniez, secrétaire général du Syndicat national des pilotes de ligne. Mais cet entretien a un coût », d'autant plus important pour un pays pauvre comme le Yémen. L'état des appareils assurant la liaison entre le Yémen et les Comores avait été dénoncé depuis longtemps par des passagers. Réunis à Marseille au sein de l'association SOS Voyages aux Comores, ils qualifiaient ces liaisons de « vols poubelles ».
G
Comment contrôle-t-on les avions ? En Europe, les autorités nationales effectuent des contrôles aléatoires sur tous les avions, suivant des consignes de l'Union. « En cas de problème, elles ordonnent aux compagnies de corriger rapidement les défauts et dans le cas contraire, elles peuvent les inscrire sur la liste noire », leur interdisant purement et simplement d'utiliser les aéroports européens, explique Cédric Maniez. Selon le secrétaire d'Etat aux Transports français, la compagnie yéménite « faisait l'objet [...] d'un contrôle renforcé et devait être auditionnée prochainement par le comité de sécurité de l'Union européenne ». Mais si certains appareils ne passent pas par les pistes de l'Union, il n'existe aucun moyen de les faire contrôler par l'Europe. Seule l'Organisation de l'aviation civile internationale en a la capacité. Mais pas forcément les moyens. Hier, la Commission européenne a proposé de « constituer une liste noire mondiale » des compagnies dangereuses. W
Maud Noyon