L’étude confirme bien ce que dénoncent depuis des années les minorités visibles en France: quand on a la peau foncée, inutile d’avoir un comportement suspect pour voir un agent vous demander vos papiers.
Les chercheurs constatent que les tenues vestimentaires portées jouent beaucoup dans les choix policiers. Ainsi, les personnes adoptant un style hip-hop, tecktonik, punk ou gothique n’ont beau former que 10% de la population étudiée, «elles constituent jusqu’à 47 % de ceux qui ont effectivement été contrôlés». Avec les jeunes portant une capuche, ils forment des cibles idéales en somme.
Ces résultats sont bien plus probants encore que ceux obtenus en juin dernier par le Cran (Conseil représentatif des associations noires) via un sondage effectué par le CSA : les membres des minorités visibles estimaient alors avoir deux fois plus de «chances» de se faire contrôler que le reste de la population. L’enquête avait été suivie par un spot - vu près d’un demi-million de fois dans le monde entier en quelques jours - dans lequel un sosie de Barack Obama subissait un de ces contrôles, parfaitement interdits par la loi.