Armstrong: les dessous d'un retour bien réfléchi

0 contributions
Publié le 1 juillet 2009.

CYCLISME - Entre ambitions sportives et appétit de businessman...

«On est parti pour un grand délire. Il est temps que notre sport retrouve un peu de lucidité.» A l’annonce du retour de Lance Armstrong en septembre 2008 , Marc Madiot, le directeur sportif de la Française des Jeux,  n'y était pas allé par quatre chemins.  Et pourtant, la renaissance du «Boss», à l’opposé de l’ubuesque come back d’un Björn Borg au début des années 90, est tout sauf délirante. Le 12e Tour d’Armstrong a même été mûrement réfléchi.

 

Faire un Tour remarquable

 

Un come back qui s’explique d’abord par le défi sportif. «Comme tous les grands champions, Lance Armstrong a toujours eu horreur du vide. Quand il a vu Sastre et Evans se battre en 2008 pour s’approprier son Tour, il s’est dit qu’il était tout à fait au niveau pour revenir», explique David Garcia, auteur de «La Grande Imposture» (Ed. Hugo et Compagnie), un livre d’entretiens avec Jean-Pierre de Mondenard. Car même si ses ambitions restent modestes (Contador a été désigné leader de son équipe Astana), Armstrong rêve de faire un Tour où on le remarque. Quitte à se muer en équipier de luxe si les circonstances de course l’exigent comme sur le Giro. «Je suis très content de la forme de Lance avant le Tour. Je sais qu'il est extrêmement motivé», a souligné Bruyneel à propos du Texan de 37 ans qui, entre marathons en moins de 3 heures et triathlons, n’a jamais coupé complètement avec le sport de haut niveau. Depuis la fin de la semaine dernière, Armstrong repère les étapes alpestres. Mardi, il a roulé sur le parcours du contre-la-montre par équipe de Montpellier. Pro jusqu’au bout. Comme au bon vieux temps.

 

150.000 dollars par conférence

 

L’autre raison du retour d’Armstrong est beaucoup plus pragmatique. «Gagner est dans ses gênes mais l’enjeu sportif n’est qu’un alibi. Il s'y emploiera. Mais populariser sa fondation est un dessein plus important à ses yeux», a expliqué en chat à 20minutes.fr Pierre Ballester, auteur avec David Walsh du «Sale Tour», un livre sur le système Armstrong. A chaque sortie d’entraînement, Lance Armstrong tombe le maillot Astana, enfile un maillot Livestrong, le nom de sa fondation contre le cancer, et alimente en photos son compte Twitter suivi par plus d’1.200 000 personnes. Et l’enjeu est de taille. A l’instar d’un Bill Clinton, Lance Armstrong ferait payer 100 à 150.000 euros chaque conférence donnée au nom de sa fondation et toute une partie de son site Livestrong.org est devenue payante (notamment Livestrong.com, un site sur le bien-être et la santé).

 

Sur la route du Texas, le Ventoux

 

Sans parler des rumeurs qui bruissent sur son avenir à plus long terme. A l’automne 2008, un journal australien a annoncé qu’Armstrong voudrait racheter le Tour de France  avec l’UCI (une hypothèse mise à mal par le rapprochement entre l’UCI et ASO) et certains voient déjà le Texan à la tête d’une équipe. Mais Armstrong se rêverait ailleurs. «Ce come-back lui permettra de légitimer ses ambitions politiques», analyse Pierre Ballester. Armstrong n’a toujours pas démenti la rumeur sur son envie de briguer le poste de Gouverneur du Texas en 2014.

M. Go.
Emploi

En partenariat avec Monster.fr

  • Trouvez le poste qui vous convient

    Retrouvez les dernières offres d'emploi sur toute la France et dans tous les secteurs avec 20minutes.fr et Monster.fr

publicité
publicité
Réagissez à cet article
Vous souhaitez contribuer ? Inscrivez- vous, ou .
Confirmer l'alerte de commentaire
Annuler
publicité
publicité
Se connecter avec Facebook
S'identifier sur 20minutes.fr