Parr expose sa planète au Jeu de Paume
Créé le 29.06.09 à 13h11
Mis à jour le 29.06.09 à 13h26
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CULTURE - Le photographe Martin Parr offre une visite guidée de son petit musée personnel...
Un homme qui arrive en sandales birkenstock et en chemisette à carreaux au Jeu de Paume, à Paris, ne doute de rien. C’est le style du photographe britannique Martin Parr, qui y
expose sa «Planète Parr» jusqu’au 27 septembre. Sa «planète», c’est sa collection personnelle de photos et d’objets. Une collection immense qui ne «tiendrait pas dans ma maison si elle n’était pas exposée», sourit l’artiste. Lundi matin, il a offert une visite guidée à la presse.
Cartes postales de la fin du XIXe siècle, photos du Royaume-Uni des années 60-70, maquettes de livres, assiettes montrant Margaret Thatcher, plateaux des Beatles, papier toilette imprimé à la tête de Ben Laden, un slip avec Obama montrant ses biceps et même un sac d’un kilo de gâteaux apéro acheté à Memphis, aux Etats-Unis, faisant presque un mètre de haut... L’ensemble est hétéroclite. Il montre la fascination de Parr pour l’imagerie populaire, pour ne pas dire kistch, et les «objets du quotidien qui utilisent la photo», souvent trouvés sur le site Ebay. Dans une vitrine, des dizaines de
montres à l’effigie de Saddam Hussein. «C’est dire si ce dictateur était empli de vanité, explique-t-il. J’aime beaucoup l’ambiguïté de ces objets qui restent après la mort de celui qu’ils représentent.»
>> Voir le diaporama de l'exposition Martin Parr >>
Dans les premières salles de l’expo, c’est un Martin Parr plus mécène que photographe que l’on découvre, montrant ici et là des photos de ses compatriotes comme Tony Ray-Jones ou
Christopher Phillips. «Beaucoup de photographes ne sont pas reconnus, esquisse-t-il. J’ai voulu leur donner un coup de pouce.»
Ce n’est que plus loin que Martin Parr expose ses propres œuvres. La série «Luxury» montre ainsi des «riches aux courses de chevaux, aux vernissages d’art contemporain ou aux défilés de mode», reprend le photographe. «J’ai fait ces photos avant la crise, et aujourd’hui, elles ont une tonalité différente puisque les riches n’osent plus se montrer de façon aussi ostentatoire» en train de boire du champagne ou fumer un cigare. Il faut dire que ces riches-là ne le sont pas qu'à moitié: ils s'empiffrent jusqu'à l'écoeurement, montrent leurs dents trop blanchies et rivalisent de chapeaux grotesques et de fourure. «C’est comme si c’était la fin d’un chapitre, une sorte d’épitaphe», conclut Martin Parr pour qui «collectionner, c'est aussi photographier».
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