Un psychiatre comparaît devant les assises pour viols
Créé le 29.06.09 à 12h36
Mis à jour le 29.06.09 à 12h36
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JUSTICE - Daniel Cosculluela est accusé d'avoir eu des rapports sexuels avec ses patientes lors de séances d'hypnose...
Après douze ans d'enquête, un médecin psychiatre de
Bergerac comparaît à partir de ce lundi et pour une semaine devant la cour d'assises de la Dordogne à Périgueux. Daniel Cosculluela est jugé pour viol et viol sur personne vulnérable pour des faits commis entre 1989 et 1995 sur quatre patientes.
La première victime à se manifester, qui a déposé plainte avec constitution de partie civile en décembre 1997, a assuré lors de l'instruction que le premier rapport sexuel avec son thérapeute avait eu lieu à l'issue d'une séance d'hypnose. Trois autres patientes se sont constituées parties civiles pour des faits de même nature, ainsi que le planning familial et un «collectif féministe contre le viol».
«Il racontait des contes»
Le praticien, âgé de 52 ans, est accusé d'avoir placé, «par des pratiques inhabituelles», ses patientes en «état de dépendance susceptible d'altérer leur volonté» afin de leur imposer des relations sexuelles.
Au cours de l'instruction, il est apparu que Daniel Cosculluela, adepte de l'hypnose ericksonienne, qui consiste à placer un sujet dans un état d'hypnose légère, «racontait des contes qui mettaient (certaines patientes, ndlr) dans un état de disponibilité particulière à son égard».
Le psychiatre a pour sa part toujours nié devant les enquêteurs avoir entretenu des relations intimes avec des patientes, reprochant à sa principale accusatrice d'agir «par vengeance et frustration» et d'avoir ensuite suscité les témoignages des autres victimes.
Toujours en exercice
A quelques heures de l'ouverture du procès, le thérapeute, qui exerçait encore vendredi, se disait,
selon «Sud Ouest», «anxieux, mais surtout très en colère». «Ce procès ne devrait pas avoir lieu, il n'y a aucun élément matériel. On a inventé l'arme du crime avec l'hypnose», affirme-t-il au quotidien, déclarant attendre de ce procès «qu'il fasse éclater la vérité sur une affaire qui me pèse depuis treize ans. Depuis treize ans, j'ai une épée de Damoclès au-dessus de ma tête. Je continue à voir des patients et je ne sais même pas si je vais pouvoir poursuivre la thérapie avec eux.»
En septembre 1997, le conseil régional de l'Ordre des médecins l'avait radié à vie, estimant que le praticien avait eu «un comportement violant les principes de moralité, de probité et la déontologie de sa profession» en entretenant des relations sexuelles avec des patientes. Cette peine avait toutefois été ramenée en appel par le Conseil national de l'Ordre des médecins à trois ans d'interdiction d'exercer, de 1999 à 2002. L'accusé, qui a depuis repris ses activités de psychiatre, comparaîtra libre à l'audience.
Les débats, initialement prévus pour durer jusqu'à vendredi, pourraient se prolonger jusqu'au week-end, huit experts et une soixantaine de témoins étant appelés à la barre.
C. F. (avec agence)
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