Le séisme était attendu. Il s'est produit. Au premier tour des municipales de Hénin-Beaumont (Nord), hier, la liste Front national menée par Steeve Briois et Marine Le Pen a récolté, selon la préfecture, 39,34 % des suffrages, contre seulement 20,19 % et 17,01 % à ses deux poursuivants, Daniel Duquenne (DVG) et Pierre Ferrari (PS-PC-MoDem).
Pour le FN, qui n'avait pu dépasser les 28,5 % aux deux tours de mars 2008, la progression est importante. En revanche, pour la liste emmenée par Pierre Ferrari, la désillusion est claire : il ne reste plus grand-chose des 43 % obtenus en 2008 sous la houlette de l'ancien maire socialiste, Gérard Dalongeville, placé en détention provisoire début avril dans une enquête sur de multiples détournements de fonds publics.
Pierre Ferrari, qui souhaitait « tourner une page » pour Hénin-Beaumont, a été partiellement entendu par les électeurs... lesquels ont préféré l'alternative Daniel Duquenne. Des trois favoris, seul le FN a progressé en voix par rapport à 2008, passant de 3 600 à 4 400 : cette base électorale que l'on disait « figée » a visiblement trouvé un second souffle dans les déboires de l'ancien maire et les atermoiements du Parti socialiste, qui a tardé à s'en désolidariser. W
à Lille, Olivier Aballain