Marie L., 23 ans, a tout inventé. Elle n’a pas été agressée avec son bébé, vendredi dans le RER D, par six hommes la croyant juive. Elle a elle-même tailladé ses vêtements et coupé ses cheveux aux ciseaux. Elle a elle-même dessiné des croix gammées sur son ventre. La jeune femme a craqué, mardi, devant la police judiciaire de Cergy (Val-d’Oise). « Fragile » selon sa mère, « mythomane » selon un proche, elle aurait menti pour échapper à un rendez-vous avec un ami à qui elle devait de l’argent.
La pseudo-agression a soulevé, sur l’instant, une émotion immense chez les politiques. Premier à parler samedi soir, le ministre de l’Intérieur, Dominique de Villepin, fustige un acte « ignoble ». Jacques Chirac embraye avec « effroi » sur « l’agression à caractère antisémite ». Interrogé hier, le chef de l’Etat « ne regrette pas » d’avoir réagi si vite. Dimanche, le concert se poursuit, relayé par les médias. Lundi, alors que des policiers émettent des doutes sur la crédibilité de la jeune femme, Nicole Guedj, secrétaire d’Etat aux Droits des victimes, reçoit Marie, et Jean-Pierre Raffarin lui envoie un mot.
François Hollande est un des rares, avec Nicolas Sarkozy, à ne pas avoir réagi. « Dimanche, Julien Dray (ex-secrétaire national à la sécurité au PS) nous a prévenus que des points ne concordaient pas », confie un proche du Premier secrétaire du PS. « Les ratés dans cette affaire sont politiques, estime un policier du syndicat Alliance. Les enquêteurs ont fait leur boulot. Ils entendent Marie samedi, ils commencent à douter dimanche. Dans une enquête aussi politisée, l’Intérieur est informé heure par heure. Mais le feu était déjà parti. » Bastien Bonnefous
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