SOCIETE - Les députés ont poursuivi brièvement mercredi soir l'examen de la proposition de loi de Christian Estrosi...
L'Assemblée nationale a poursuivi brièvement mercredi soir l'examen de la proposition de loi contre la violence en bandes sans en aborder la mesure phare: la création du délit de participation à une bande violente (art.1). Aucune date n'a été prévue pour la reprise des débats, le texte devant être à l'origine soumis au vote des députés mardi 30 juin.
Les discussions avaient commencé mardi soir et les débats entre la majorité et l’opposition ont été animés dans l'hémicycle. L'opposition n’a pas caché son agacement à la suite des interventions, multiples, à voix haute depuis son siège, du député de Seine-Saint-Denis Eric Raoult, fervent partisan du texte.
«Un projet indigne d’une démocratie»
Mercredi après-midi, les députés se sont relayés au micro pour défendre ou
attaquer les mesures proposées sous l’œil de la nouvelle garde des Sceaux, Michèle Alliot-Marie. Nombreux ont été les parlementaires à évoquer le récent drame survenu au Blanc-Mesnil où une rixe entre deux bandes a coûté la vie à un jeune homme de 17 ans. «Votre gouvernement a déjà tout l’arsenal législatif suffisant pour mettre fin à ces faits que tous nous condamnons», a lancé Patrick Braouezec, député Gauche démocrate et républicaine (GDR) de Seine-Saint-Denis, mais il s’agit là «d’un projet indigne d’une démocratie», a-t-il poursuivi.
Plus modéré, Dominique Rainbourg, député socialiste a, quant à lui, parlé d’un texte «qui n’est pas parfait», mais que son groupe ne rejette pas en bloc. Le député a souligné son inquiétude quant à l’utilisation de l’arsenal contre les bandes violentes à l'égard des groupes d’individus au cours de manifestations légales et de l’utilisation abusive des moyens de répression contre les manifestants. «C’est pourquoi nous avons proposé un amendement afin que ce texte ne soit pas applicable dans le cadre de telle manifestation.»
Trouver un «consensus»
Du côté de la majorité, les inquiétudes ne concernaient pas l’arsenal répressif de cette proposition de loi mais «les violences crapuleuses qui augmentent», a expliqué le député UMP Philippe Goujon. Appuyé par son collègue Jean-Pierre Door qui a, à son tour, exprimé la nécessité de «mettre fin au sentiment d’impunité des membres» des bandes. Puis Christian Vanneste est intervenu pour défendre les mesures prévoyant un durcissement des peines pour les actes de violences commis dans les établissements scolaires
par des bandes violentes. «Les pairs de ces groupes ont remplacé les pères», a-t-il lancé à l’audience peu nombreuse, avant de souligner que «la famille abandonne son rôle éducatif de plus en plus tôt» face à ces jeunes.
La ministre de la Justice a ensuite pris la parole pour souligner l’importance de légiférer sur «ce phénomène» des bandes violentes et a appelé les députés à trouver un «consensus», sur le texte proposé. Un texte qui n’a pas pour but «de régler tous les problèmes de la délinquance», a précisé la garde des Sceaux.
Maud Descamps