François Fillon va «solliciter les Français» pour l'emprunt national

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Publié le 25 juin 2009.

POLITIQUE - Retour sur l'intervention télévisée du Premier ministre après le remaniement...

Le rendez-vous était pris, et cette fois François Fillon devait avoir l'occasion de s'exprimer sur le remaniement de son gouvernement. Seulement voilà, Frédéric Mitterrand n'a pas su tenir sa langue, et l'annonce a été avancée de 24 heures. Mais le Premier ministre n'a pas déclaré forfait, et est venu sur le plateau du 20 heures annoncer qu'il réunira ses ministres dimanche pour «fixer ses priorités», qui seront financées par l'emprunt annoncé devant le Congrès par Nicolas Sarkozy.

Devant les députés, un peu plus tôt dans la journée, François Fillon avait cité Lionel Jospin en déclarant «il n'y a pas de changement de gouvernement mais un changement dans le gouvernement». Dans sa brève intervention sur France 2, le Premier ministre a refusé d'admettre qu'un remaniement profond avait eu lieu. «On a changé quelques titulaires de postes», a-t-il concédé, à la manière d'un sélectionneur.

Bernard Kouchner secrétaire d'Etat aux droits de l'Homme

«L'ouverture ça dure et ça marche», a-t-il répondu à David Pujadas qui lui demandait si l'idée avait été abandonnée, devant l'absence de prise dans les rangs de la gauche. L'ouverture, pour François Fillon, ce n'est pas que la gauche, mais «toute la société française». Et c'est d'aussi Eric Besson et Bernard Kouchner qui n'ont pas quitté le gouvernement.

Bernard Kouchner, et c'était presque passé inaperçu, qui est d'ailleurs le nouveau secrétaire d'Etat aux droits de l'Homme. Car la fonction n'est «pas supprimée», a-t-il assuré, mais c'est bien le ministre des Affaires étrangères qui l'assume.

Soucieux de ne pas se laisser voler la vedette par Nicolas Sarkozy, le Premier ministre s'est fendu d'une sorte de discours d'orientation politique, dont l'annonce principale a été la promesse réitérée que les impôts n'augmenteront pas malgré la crise et le déficit de l'Etat.

Le point sur les réformes engagées

L'occasion de revenir sur les efforts engagés pour en réduire la partie fonctionnelle, avec les réformes de l'hôpital et des régimes de retraites et la diminution du nombre de postes dans la fonction publique. L'occasion aussi d'évoquer le grand emprunt annoncé par Sarkozy devant le Congrès à Versailles. «Je n'ai aucune envie d'en parler», a tranché François Fillon sur le sujet, reconnaissant n'avoir «aucune idée» du montant dont il pourrait s'agir.

Avavnt de parler du montant, il faut «d'abord commencer par parler des priorités». «On peut imaginer que les biotechnologies, l'énergie du futur, les voitures électriques, un certain nombre de secteurs dans le domaine alimentaire, dans le domaine de la santé, l'éducation en général, feront partie de la définition de ces priorités», s'est-il contenté de détailler.

«L'idée d'associer la Nation à cet effort»

«Notre idée, c'est de solliciter les Français, en tout cas pour une part», a cependant annoncé François Fillon, expliquant qu'«au fond, derrière cet emprunt, il y a l'idée d'associer la Nation à cet effort».

Cette intervention assez pauvre en enseignements s'est achevée sur l'agacement d'un François Fillon interrogé sur son «effacement». «Ca intéresse 300 personnes à Paris», a-t-il lancé à David Pujadas, en lui demandant s'il pensait vraiment «que les Français attendent que le Premier ministre s'oppose au Président».

Julien Ménielle
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