Justice - Dans une allocution télévisée lundi, le président Calderon a ruiné les espoirs de la Française...
Selon son père, «elle s'y attendait un peu». Florence Cassez, 34 ans, ne purgera pas sa peine en France. Felipe Calderon, le président mexicain, a annoncé, lundi soir, qu'il
refusait le «transfèrement» de la Française condamnée à 60 ans de prison pour une série d'enlèvements. Explications.
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- La raison officielle du Mexique
C'est pour éviter que la durée de 60 ans de prison de Florence Cassez ne soit réduite en France que Felipe Calderon a refusé son «transfèrement». Dans l'Hexagone, on ne peut pas rester en prison pendant 60 ans. Depuis le mois de mars, la France tentait donc d'alléger la sentence. «Cela est inacceptable», a lâché Calderon. Il faut savoir qu'être coupable d'enlèvements est aussi grave qu'être l'auteur d'un génocide selon le code pénal mexicain. «Cela ne peut donner lieu à aucune remise de peine», a expliqué à 20 Minutes un juriste mexicain.
- La raison officieuse de Calderon
À deux semaines des élections législatives de mi-mandat, le parti présidentiel (PAN - droite) est en perdition dans les sondages. Pour éviter que la défaite ne soit trop cinglante, Felipe Calderon a choisi d'axer sa campagne sur l'enjeu sécuritaire. Difficile dans ce contexte de laisser filer Florence Cassez en France. «Elle est devenue l'otage politique d'un président en difficulté», a déploré, hier, Frank Berton, son avocat. Une situation qui pourrait changer après les élections.
Mise en place en mars, la commission binationale Franco-mexicaine devait permettre de trouver une issue favorable pour Florence Cassez. Elle ne s'est réunie que trois fois. Et pour prendre sa décision, Felipe Calderon n'a écouté que les conclusions des membres... mexicains qui en faisaient partie.
- La France était-elle au courant ?
Selon Frank Berton, Nicolas Sarkozy aurait «découvert» la décision de Calderon. Le ministère des Affaires étrangères a, de son côté, exprimé sa déception devant ce «rejet unilatéral». Pourtant, Carlos De Icaza, ambassadeur du Mexique en France, a assuré à 20 Minutes que «son homologue français en poste au Mexique a bien été tenu informé de cette décision avant son annonce...»
- Existe-t-il encore des recours ?
À l'image de notre pourvoi en cassation, Florence Cassez peut encore demander l'Amparo. Ce recours devant la cour suprême mexicaine appelle trois juges à se pencher sur la forme d'une affaire et le respect des droits de l'homme. Seul problème, son instruction prend entre un et deux ans. Et Florence Cassez assure qu'elle n'a «plus la force de continuer». Frank Berton espère pourtant la convaincre de choisir cette voie. Sur un autre plan, l'avocat a demandé, hier à l'Etat français, de saisir la cour internationale de La Haye. «Je veux que le Mexique soit sanctionné pour non-respect des conventions internationales.» «Elle est devenue l'otage politique d'un président en difficulté», estime Frank Berton, son avocat
«Condamnation à mort»
Depuis sa prison de Tepepan, Florence Cassez a réagi, hier après-midi, à l'annonce du président mexicain: «Je me sens trahie par Calderon. En mars, il avait écrit au président Sarkozy pour lui dire qu'il accepterait le transfert. Là, c'est juste une condamnation à mort. Je n'ai plus la force de continuer à me battre. Je me sens anéantie. Je suis innocente. C'est inadmissible!»
Début juillet, ses parents devraient lui rendre visite. «C'est plus que de l'acharnement», ont-ils témoigné.
Vincent Vantighem