Il y avait le discours de politique générale du Premier ministre. Il y aura désormais le discours d'intentions générales du président de la République. Dans l'objectif de relancer son quinquennat, Nicolas Sarkozy a voulu se montrer rassembleur, hier, devant le Congrès réuni à Versailles (Yvelines). Peu de propositions concrètes, mais beaucoup d'intentions - rappelant ses discours et ses propositions de candidat en 2007 - et surtout la volonté de consulter avant de prendre toute décision. « La crise n'est pas finie », a prévenu le chef de l'Etat, mais pour lui, « tirer de la France ce qu'elle a de meilleur est toujours possible », à condition d'être « rassemblés ». C'est pour cela qu'il remettra les clés de nombreuses discussions à tous les partenaires après le remaniement prévu demain. « Le premier travail du nouveau gouvernement sera de réfléchir à nos priorités nationales et à la mise en place d'un emprunt pour les financer », a expliqué Nicolas Sarkozy. Le Parlement, les partenaires sociaux, les acteurs économiques, de la culture, de la recherche et de l'éducation seront associés au débat dès le 1er juillet. Ensuite, l'emprunt sera lancé « soit auprès des Français, soit auprès des marchés financiers ».
Pour la réforme des retraites, qui doit être décidée à la mi-2010, ce sera d'abord aux partenaires sociaux de faire des propositions. Mais il faudra que toutes les options soient mises sur la table : « Age de la retraite, durée de cotisation, pénibilité. » Nicolas Sarkozy a également indiqué qu'il ne mènerait pas de politique de rigueur et qu'il n'augmenterait pas les impôts au sortir de la crise. Pour le reste, il a surtout remis en avant des propositions en attente : suppression de la taxe professionnelle, réduction du nombre d'élus locaux, mise en place de la taxe carbone...
En revanche, sur la question du voile intégral, s'il est favorable à un débat parlementaire, le Président a déjà tranché en assurant que ce voile « n'est pas le bienvenu sur le territoire de la République ». W