Les Franciliens ne sont pas tous égaux devant l'accès au livre. Aujourd'hui, le MOTif - l'observatoire du livre et de l'écrit en Ile-de-France - dévoilera une étude, dont 20 Minutes a obtenu copie, sur les points de vente de livres dans la région. Elle met en exergue les disparités de traitement des territoires selon qu'ils sont proches de Paris, ruraux ou défavorisés. Ainsi, trois villes de plus de 50 000 habitants ne disposent d'aucune librairie : Sevran (93), Sarcelles (95) et Cergy (95). Et tout un axe Sarcelles-La Courneuve (93) en est dépourvu. « C'est là où le revenu moyen est le plus bas d'Ile-de-France. Les entrepreneurs s'installent en priorité aux endroits où il y a des chalands solvables », analyse Vincent Monadé, directeur du MOTif. A titre de comparaison, quand il y a une librairie pour 3 966 habitants à Paris, il y en a une pour 46 624 en Seine-Saint-Denis. Le Val-d'Oise arrive avant-dernier avec 23 141 habitants par enseigne, juste après la Seine-et-Marne, où l'on peut faire plus de 30 km pour trouver un point de vente.
Autant de territoires qui peuvent décourager les aspirants libraires en période de récession. « Nous avons constaté pour la première fois une baisse des ventes de livres de l'ordre de 3 à 4 % en avril dernier. Jusqu'alors, c'était un produit qui résistait bien à la crise. Les libraires sont également inquiets de l'augmentation des loyers dans les centres-villes, et ont des difficultés de trésorerie », poursuit Vincent Monadé.
Dans ces conditions, tous les exemples de réussite sont observés à la loupe pour tenter de redynamiser le secteur et combler les manques. Ainsi, à Aubervilliers (93), le maire PS, Jacques Salvator, se rappelle avec enthousiasme une initiative originale de sa commune en 2005. « Nous avons racheté la librairie-papeterie d'une famille qui partait à la retraite, puis nous l'avons confiée à un libraire. Cela nous a permis d'éviter que cet emplacement ne se transforme en kebab. C'est un vrai soleil sur notre ville ! » Dans le 20e, le Comptoir des Mots, ouvert en 2004, ne désemplit pas. « Une librairie a un aspect positif dans un quartier, il y a un énorme capital sympathie », témoigne Renny Aupetit, le propriétaire. Il a aménagé sa librairie « comme un lieu de vie, à notre goût, car on allait y passer beaucoup de temps ». C'est l'une des clés de son succès, selon lui, avec « l'emplacement ». Car près de la place Gambetta, le chaland est toujours là. W
Tous les résultats seront publiés sur www.lemotif.fr dans le courant de la semaine.
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publié le : 10-02-2010 01:40
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