Tout un symbole. Le président de la République va s'exprimer pour la première fois, lundi après-midi, devant tous les députés et sénateurs, rassemblés au château de Versailles (Yvelines). Une première depuis 1848 et... Louis-Napoléon Bonaparte, futur Napoléon III. L'occasion d'annoncer l'acte II du quinquennat? Son entourage s'en défend, évoquant un exercice comparable à un autre». « Le Président nous dira : "Voilà où nous en sommes, voilà ce que nous voulons faire." Ce n'est pas un changement de cap.»
Une «vision de la société»
Si le paquebot Sarkozy continue à filer droit vers 2012, des «choix stratégiques forts» vont être énoncés, selon l'Elysée. A mi-mandat, le Président devrait surtout user de son nouveau pouvoir, conséquence de la réforme des institutions votée l'an dernier, pour rassurer les députés et les sénateurs. «Il ne s'agit pas d'une panoplie de mesures contre la crise. [...] Il dira avant tout quelle est la vision de la société qu'il compte proposer aux Français. Dans le contexte de crise, il est utile de mieux expliquer ce qu'il veut pour eux», poursuit son collaborateur. Malgré le black-out sur le menu qui sera servi au Congrès, le plat de résistance devrait avoir trait à la crise économique. Et aussi à la réforme des collectivités territoriales, sujet cher au Président, qui n'hésite pas à la présenter comme une source importante d'économies, un argument choc en période de crise. L'emploi des seniors, l'écologie et le «cinquième risque», qui concerne la dépendance des personnes âgées, devraient aussi figurer dans l'adresse présidentielle.
Sarkozy doit également se saisir de sujets au coeur de l'actualité, tel que le port du voile intégral. En filigrane devrait aussi être évoqué le remaniement, source d'inquiétude pour bien des ministres en difficulté. Sans risque pour le chef de l'Etat d'être interpellé par les élus de l'opposition, auxquels sera concédé un débat - Constitution oblige - une fois Nicolas Sarkozy parti, l'exercice risque de tourner à l'opération de communication. Une aubaine pour un président qui semble vouloir réserver l'annonce de ses orientations à des instants plus solennels. Mais l'invitation sonne comme une provocation dispendieuse pour les Verts et les communistes, qui boycotteront une intervention quasi monarchique à leurs yeux.