Qu'est-ce que les Français attendent de cette prise de parole?
Ils attendent que Nicolas Sarkozy fixe un cap pour les six mois à venir et donne du sens à son action. Son discours devant le Congrès vient clore la longue séquence de guerre contre la crise qu'il avait ouverte à Toulon, en septembre dernier. C'est la cerise sur le gâteau, qui arrive dans la foulée de la victoire de son parti, l'UMP, aux élections européennes.
Quelle est la portée politique de ce discours?
Nicolas Sarkozy va surtout actionner la machinerie symbolique. Sa présence à Versailles est un acte d'imposition de son pouvoir, qui est un mélange d'attributs de la République et de la monarchie. Mais les Français savent, avec la crise, que l'essentiel du pouvoir n'appartient désormais plus aux politiques. Il est passé aux mains des entreprises, libres de mettre en oeuvre leurs plans sociaux.
Certains dénoncent un «jeu d'ego», puisque le Président n'assistera pas au débat qui suivra son discours...
Le Président va parler d'en haut. Le dispositif versaillais est unilatéral, alors même que les Français expriment un besoin de dialogue. Il est fermé, alors que Sarkozy prône l'ouverture dans son gouvernement.