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Iran: le guide suprême menace les manifestants

Capture d'écran de la chaîne Al-Alam montrant l'ayatollah Ali Khamenei à Machhad (Iran), le 21 mars 2009
Capture d'écran de la chaîne Al-Alam montrant l'ayatollah Ali Khamenei à Machhad (Iran), le 21 mars 2009/ AFP/al-Alam

TEHERAN - Alors que la protestation ne faiblit pas, Ali Khamenei soutient fermement Mahmoud Ahmadinejad...

Le ton est ferme et laisse présager une répression violente. «Le bras de fer dans la rue est une erreur, je veux qu'il y soit mis fin», a dit le guide suprême de l'Iran, Ali Khamenei, autorité la plus importante d’Iran. Avant d’avertir qu'il «ne céderait pas à la rue». Des déclarations qui laissent présager le pire pour les contestataires, alors que les autorités ont vidé le pays de tous les journalistes. Ce vendredi, Amnesty International a affirmé que dix personnes avaient été tuées depuis le début des manifestations.

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Une fraude? Quelle fraude?

Dans sa première apparition publique après une semaine de colère populaire depuis la présidentielle du 12 juin, l'ayatollah Khamenei a exclu que toute fraude à grande échelle ait pu fausser le scrutin. Il a mis en garde l'opposition menée par le principal rival de Mahmoud Ahmadinejad, Mir Hossein Moussavi, contre l'«extrémisme» débouchant sur la violence.
 
«Le peuple a choisi celui qu'il voulait», «le président a été élu par 24 millions de voix», a-t-il lancé, confirmant les résultats officiels du scrutin. Ceux-ci sont contestés par les trois adversaires du président, qui ont parlé d'«irrégularités» et réclament une nouvelle élection. Mais l'ayatollah Khamenei fait la sourde oreille.  «L'élection a témoigné de la confiance du peuple dans le régime», a-t-il ajouté.
 
Malgré les menaces, ils manifestent

Le Conseil des gardiens de la Constitution, chargé de valider le résultat des élections et d'en examiner les plaintes, doit rendre au plus tard dimanche un avis sur un possible nouveau comptage partiel. Mais si recomptage il y a, cela changera-t-il la donne? L'ayatollah a parlé. Le ton est donné. «En Iran, celui qui décide c'est le guide suprême», soulignait Marie Ladier-Fouladi, chercheuse au CNRS, d'origine iranienne, dans une interview sur 20minutes.fr.

>> A lire également: Who's who en Iran?, c'est par ici
 
Mais le discours du guide suprême n'a pas dissuadé le candidat réformateur Mehdi Karoubi de demander sur son site Internet l'annulation de la présidentielle et l'organisation d'un nouveau scrutin. «Le gouvernement (...) crée un climat de peur en imposant la censure, en coupant les réseaux de téléphone portable et les SMS. Ils tuent les gens et ils organisent ensuite des funérailles pour faire taire les gens», a également écrit l'ex-président du Parlement.
 
La communauté internationale tente un appel

A Bruxelles, les dirigeants de l'UE ont appelé Téhéran à laisser le peuple «se rassembler et s'exprimer pacifiquement et à s'abstenir de recourir à la force contre les manifestations pacifiques». Un appel aussitôt dénoncé par l'ayatollah. Dans son long sermon devant des milliers de fidèles rassemblés à l'Université de Téhéran, le guide suprême a dénoncé les critiques des Occidentaux sur la victoire de l'ultraconservateur.
 
Les pays occidentaux «ont montré leur vrai visage, en premier lieu le gouvernement britannique», a lancé Ali Khamenei. En signe de protestation, Londres a immédiatement convoqué l'ambassadeur d'Iran. En l'absence de ce dernier, c'est le chargé d'affaires iranien qui s'est présenté au Foreign Office, lequel a jugé les propos du guide suprême «inacceptables et non fondés sur des faits», selon un porte-parole.
MD (Avec agence)
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