Loi contre le port du voile intégral: Sarkozy s'exprimera lundi
Une femme en burqa lors d'une manifestation à La Haye (Pays-Bas), le 30 novembre 2006 REUTERS/Toussaint Kluiters
BURQA - Le chef de l'Etat veut réserver ses commentaires aux parlementaires...
Nicolas Sarkozy s'exprimera sur l'opportunité de voter une loi interdisant le port du voile intégral en France lundi à l'occasion de son discours devant le Congrès. «Je voudrais réserver mes commentaires pour mon discours devant les parlementaires», a expliqué le chef de l'Etat à l'issue du Conseil européen réuni à Bruxelles.«Ce n'est pas du tout que je veux fuir la question que vous me posez, mais mon rôle de président c'est d'essayer de mettre les réponses dans un contexte général, d'essayer d'expliquer les tendances lourdes, et non pas de réagir à l'émotion du moment, ça m'a été suffisamment reproché par un certain nombre d'entre vous», a-t-il ajouté lors de sa conférence de presse.
Le «pourquoi pas» de Luc Chatel
Plus tôt dans la matinée, le porte-parole du gouvernement Luc Chatel n'a pas exclu, sur France 2, l'éventualité d'une telle loi, en fonction de «l'ampleur du phénomène».
La proposition de créer une commission d'enquête parlementaire sur le sujet a été déposée par une soixantaine de députés de toutes tendances, emmenés par le communiste André Gerin.
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«Il y a un vrai débat devant nous, les parlementaires proposent une commission d'enquête, je crois que c'est important parce que ça doit nous permettre de voir plus clair sur le sujet», a expliqué le porte-parole du gouvernement.
«S'il s'avérait (...) que le port de la burqa était subi, c'est-à-dire que c'était contraire aux principes républicains, eh bien naturellement le Parlement en tirerait toutes les conséquences», a déclaré Luc Chatel. Interrogé sur l'éventualité d'une loi il a répondu : «pourquoi pas».
Fadela Amara est partante
Une loi à laquelle Fadela Amara s'est déjà déclarée favorable. «Il faut que le débat actuel débouche sur une loi qui protège les femmes», a déclaré la secrétaire d'Etat à la Ville ce vendredi dans un entretien au «Parisien».
«Je suis favorable à l'interdiction totale de la burqa dans notre pays», a-t-elle ajouté, qualifiant le voile intégral de «cercueil qui tue les libertés fondamentales».
Le débat reste ouvert
Mais l'initiative divise le gouvernement. Si la secrétaire d'Etat à la Famille, Nadine Morano, voyant dans la burqa un «symbole de soumission», se range à l'avis de Fadela Amara, ce n'est pas le cas d'Eric Besson.
Le ministre de l'Immigration a estimé jeudi qu'«il n'est pas opportun de relancer une polémique» sur les signes religieux. «La loi a déjà énoncé un certain nombre de règles du vivre ensemble, elle dit qu'on ne peut pas porter le voile dans un certain nombre d'administrations, de services publics et à l'école. Un équilibre a été trouvé en France et il serait dangereux de le remettre en cause», a-t-il affirmé.
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