Véronique Courjault condamnée à huit ans de prison

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Publié le 18 juin 2009.

JUSTICE - Une peine moins forte que prévue contre cette mère accusée de trois infanticides...

Véronique Courjault souffle fortement, sa cage thoracique monte et descend, elle s’accroche, debout, à la barre de son box. Il est 20h15, elle vient d’entrer pour entendre le verdict de la cour d’assises d’Indre-et-Loire après presque huit heures de délibéré. Face à elle, Jean-Louis Courjault est comme une statue de cire, assis, les jambes croisées, le regard fixé sur sa femme, comme tout au long des huit jours de ce procès.

Le président Georges Domergue laisse tomber la sentence : «huit ans d’emprisonnement». Un verdict accueilli par un silence impressionnant, comme si chacun mettait un peu de temps à réaliser que l’on est très loin de la perpétuité encourue par cette mère accusée de trois infanticides en 1999, 2002 et 2003. Dans son box, Véronique Courjault, elle non plus, ne cille pas, les yeux tournés vers la cour.

Préméditation pour les bébés de Séoul

Dans le détail, le jury, qui devait répondre à neuf questions, a estimé qu’elle avait «volontairement donné la mort» à ses trois bébés, mais elle n’a retenu la préméditation que pour les deux nouveaux-nés tués et congelés en Corée du Sud, pas pour le premier brûlé en France en 1999, à Villeneuve-la-Comtesse.

Cette peine de huit ans de prison – qui devrait permettre à Véronique Courjault de rester à la maison d’arrêt d’Orléans, proche de sa famille et de ses deux fils Jules et Nicolas – est légèrement inférieure à celle de dix ans réclamée mercredi par l’avocat général Philippe Varin.

Selon les informations dont nous disposions mercredi soir, le parquet ne devrait pas faire appel du verdict. Tout comme la défense qui dans ses plaidoiries le matin, avait demandé «une faible peine».

Libérable d’ici un an

Véronique Courjault, qui a déjà purgé deux ans et demi de détention préventive, pourrait être libérable sous condition d’ici un an et peut-être moins, avec le jeu des remises de peine. Une sortie finalement rapide dans un dossier qui avait bouleversé l’opinion publique, et provoqué le déchaînement des médias en 2006, époque où cette femme était qualifiée de «monstre». La longueur du délibéré laisse donc supposer des débats houleux au sein du jury, entre les partisans d’un verdict sévère contre une tueuse d’enfants et ceux plus cléments, travaillés par la dimension complexe et psychologique de cette affaire.

Avant de quitter son box, Véronique Courjault lance un discret sourire à son mari, et prend les mains de ses avocats. Le matin, s’adressant à la cour en dernier, elle avait dit, en larmes : «j’ai conscience d’avoir tué nos enfants et c’est quelque chose qui me restera tout le temps». Jean-Louis Courjault, lui, savoure une joie rentrée comme toutes ses émotions. Les yeux rouges, il anticipe déjà la vie d’après ce 18 juin 2009. «J’ai quelques mois pour préparer les enfants et moi-même… on voit le bout du tunnel», glisse-t-il aux parents de Véronique Courjault, avant de les enlacer.

>>> La chronologie de l'affaire Courjault, c'est par là
Bastien Bonnefous à Tours
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