Le Haka fait-il encore peur aux Français?

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Publié le 19 juin 2009.

RUGBY - Les Bleus disent ne pas le craindre...

Quand un All Black est énervé, il muscle son haka. Vexés par leur défaite subite face au XV de France samedi dernier à Dunedin, les Néo-Zélandais pourraient troquer leur traditionnel «Ka mate» par le plus guerrier «Kapo o pango», inauguré crée en 2007 et qui s’achève sur la simulation d’un égorgement destiné à glacer le sang adverse.

 Nouvelle-Zélande – France un test-match à suivre en live samedi à 9h35

 Respectueux de ce monument du rugby, les Bleus ne se font pas non plus une montagne de cette danse propre à la culture maorie. «Il faut démystifier tout ça, le maillot, le haka… Il faut se dire que c'est quinze joueurs qui sont en face de nous», relativisait Mathieu Bastareaud la semaine dernière avant de goûter à son premier «Ka mate». A Dunedin, les coéquipiers de Thierry Dusautoir ont d’ailleurs cherché à braver les Blacks (comme lors du Mondial 2007) s’approchant à quelques centimètres des Néo-Zélandais avant que l’arbitre n’ordonne de reculer.

 «Essayer de le dominer»

 Et si au lieu d’inhiber l’adversaire, le rituel maori permettait au contraire de resserrer les rangs et d’entrer dans le match le couteau entre les dents? C’est le constat dressé par Thierry Dusautoir après la victoire. «On n'a pas subi le haka. On a su rentrer avec beaucoup d'agressivité dans cette partie». Une impression confirmée par Thomas Lombard, deux hakas à son «palmarès» en 2000. «Il faut essayer de le dominer, ne pas tomber dans l’émotion», prévient l’ancien ailier du Stade Français qui constate que la tradition est aussi devenue un argument marketing ces dernières années.

Mais avant d’être une guerre d’intox et des regards, le haka se vit comme une expérience unique. «Quand tu es face à eux, tu sais que tu n’es pas là pour enfiler les perles. Le haka c’est d’abord  un appel aux valeurs de combat», se souvient encore Olivier Merle, double vainqueur des Blacks en 1995 et immortalisé par la presse néo-zélandaise comme «l’homme et demi». C’est qu’il ne faut pas se tromper de match. «Défier les Blacks lors du haka c’est bien, mais rivaliser avec eux sur le terrain c’est une autre paire de manches», conclut Thomas Lombard.

A. P.
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