ETUDES - Les épreuves du bac ont commencé et se poursuivent jusqu'au 24 juin...
«Que gagne-t-on à échanger?» «La langage trahit-il la pensée?» «L'objectivité de l'histoire suppose-t-elle l'impartialité de l'historien?» C'est sur ces sujets que les élèves de terminale ont commencé à plancher ce jeudi matin, lors de la première épreuve, la philo. Elle donne le coup d’envoi aujourd’hui de la 201e édition du «bachot». Même s’ils répondent juste à ces questions hautement philosophiques, les heureux candidats au bac ne sont plus guère assurés d’avoir un avenir tout tracé.
L’examen n’est plus une fin en soi
Certes, l’heure est aux dernières relectures de fiches, aux derniers mails inquiets envoyés à des professeurs blogueurs dans les starting-blocks, les épreuves s’enchaînant jusqu’au 24 juin. Bientôt viendra le stress de la publication des résultats, à partir du 7 juillet, et des éventuels rattrapages, qui sont organisés dans la foulée. Et après ?
«Symbole de la République» devenu «rite de passage entre deux âges», selon le ministre de l’Education, Xavier Darcos, le bac s’est imposé comme le monument du système éducatif. Et pourtant. En 2009, l’épreuve ultime du cursus scolaire n’est plus une fin en soi, loin de là. D’abord, encore aujourd’hui, un tiers des jeunes de 18 ans n’a pas le baccalauréat. Soit parce qu’ils n’atteignent pas la terminale, soit parce qu’ils échouent aux épreuves. Signe que le diplôme n’est ni « bradé », ni « donné », comme le martelait en 2008 un rapport du Sénat, rappelant que 100 000 lycéens le ratent chaque année.
Ensuite, décrocher le bac ne met plus à l’abri des aléas du marché de l’emploi. Selon une étude publiée mercredi par l’Insee, gagner sa vie avec seulement ce sésame en poche débouche même sur une rémunération tendant à se rapprocher de celle des titulaires de CAP ou de BEP, soit un salaire moyen de 1.170 € par mois en 2007. Reste que le bac est le passage obligé vers l’enseignement supérieur. Le début des ennuis, en somme.
Laure de Charette