Philippe Varin n’a pas voulu s’encombrer des explications et des débats psychologisants qui ont émaillé les sept audiences de ce procès qualifié de «hors normes». Terre à terre, il s’est cantonné au dossier d’instruction, suffisamment convaincant à ses yeux. L’avocat général a rappelé les «aveux précis» de Véronique Courjault en garde à vue, martelant qu’à «neuf reprises», cette mère de famille a «reconnu avoir tué» les trois bébés de 1999, 2002 et 2003.
Pour expliquer ses actes, il n’y a pour Philippe Varin «ni déni de grossesse partiel, ni déni total», mais un «mobile simple et clair»: «Véronique Courjault ne voulait pas être mère de ces enfants». Cette femme à la «vision très dévaluée d’elle-même» et au «renoncement facile face à l’effort» a refusé de répéter le modèle de sa propre mère, écrasée par une famille nombreuse pas toujours désirée. «C’est là une des clés de Véronique Courjault», estime l’avocat général.
Une autre, à ses yeux, est ce «clivage de la personnalité» soulevé par plusieurs experts. Un clivage qui lui vaut une «atténuation de sa responsabilité» et, au final, des «circonstances atténuantes». Reste que les faits «d’une exceptionnelle gravité» ne peuvent être «légitimés».
Véronique Courjault n’est pas un monstre, mais elle n’est pas non plus une victime. «Elle se savait enceinte et elle a tué froidement.» Verdict attendu jeudi en fin de journée, après les plaidoiries de la défense.
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