C'est promis, l'ère des barres inhumaines aux appartements
cages à lapins, fierté des années 1960, c'est fini. La Cité de l'architecture et du patrimoine a inauguré, hier à Paris, l'exposition « Vers de nouveaux logements sociaux ».
Seize programmes expérimentaux, mis au point par des architectes de renom, y laissent entrevoir les HLM (habitations à loyer modéré) de demain. Petites maisons avec magasins et bureaux au rez-de-chaussée à Bordeaux, habitat prolongé par une serre à Nantes : les projets se veulent ambitieux et novateurs. « Ils donnent envie d'habiter un logement social », assure le commissaire de l'exposition, Jean-François Pousse, qui évoque « un habitat adapté à la personne et qui préserve l'intimité ». Quid des logements accolés sur pilotis avec de grandes baies vitrées, mais en vis-à-vis direct avec le salon du voisin ? Et des maisons « hautes sur pattes » à Bayonne, qui ressemblent à des pigeonniers, avec leurs fenêtres microscopiques ? L'heure est en tout cas à un net changement de politique. Le secteur du logement social souffrant moins que le privé, il est temps de repenser la construction pour rompre avec « les alibis de l'urgence et de l'économie », selon François de Mazières, président de la Cité de l'architecture. W