Les commerçants ont obtenu gain de cause. Comme promis
par la préfecture, ils pourront ouvrir leurs boutiques le dimanche 28 juin en compensation des dommages subis lors du sommet de l'Otan, les 3 et 4 avril. Selon Pierre Bardet, directeur général de l'association des Vitrines de Strasbourg, certains professionnels avaient accusé une baisse de 95 % de leur chiffre d'affaires durant la semaine de l'événement. Craignant des débordements, d'autres avaient tout simplement laissé leur rideau baissé. Pour les soutenir, la municipalité a décidé la gratuité des transports en commun et des musées, le 28 juin. Au travers d'une opération baptisée « La ville est à vous », elle proposera également divers animations et spectacles.
Problème, les syndicats voient en ce jour d'ouverture « une tentative de banalisation du travail dominical ». « Outre le fait d'avoir été obligé de prendre une journée de congé payé le 4 avril, les salariés seront contraints de travailler un dimanche et de renoncer à leur journée de repos hebdomadaire », dénonce la CGT dans un courrier au préfet du Bas-Rhin. Autre grief syndical : tous les magasins seront autorisés à ouvrir leur porte, même ceux qui n'étaient pas concernés par les zones de sécurité mises en place pendant le sommet. Dans le collimateur de la CGT, entre autres, la place des Halles et Rive-Etoile. « C'est un pur mensonge, rétorque Pierre Bardet. Il faut avoir du culot ou être amnésique pour oublier que ces deux centres avaient dû fermer sous la menace de manifestations. Le 28 juin ne compensera pas toutes les pertes, mais il était important que l'Etat tienne son engagement. » Le patron des Vitrines ne cache pas pour autant que la date n'a pas été choisie au hasard. « Ouvrir un dimanche pour ouvrir un dimanche aurait été un flop. Là, c'est stratégique puisqu'il s'agit du premier week-end des soldes d'été. » Selon lui, quelque 90 % des commerçants du centre-ville auraient déjà manifesté leur intention de participer à l'opération. W