Le côté obscur d'Edouard Stern exploré au procès de sa meurtrière présumée
Créé le 12.06.09 à 20h58
Mis à jour le 12.06.09 à 21h00
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JUSTICE - Les témoins ont décrit un homme aux deux visages, l'un charmant, l'autre terrifiant...
C'est le côté sombre de la personnalité du banquier Edouard Stern qui a été évoqué ce jeudi devant la Cour d'assises de Genève, au
procès de sa maîtresse
Cécile Brossard qui a avoué l'avoir tué de quatre balles à bout portant en 2005. Banquier virtuose et père exemplaire, selon ses amis et ses proches, Edouard Stern a été décrit par d'autres témoins, comme un homme «versatile», un goujat, voire un prédateur aux appétits sexuels impérieux et singuliers.
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«J'ai connu les deux» visages d'Edouard Stern, le charmant comme le terrifiant, a témoigné un ancien employé de l'accusée. Il dit avoir répété à Cécile Brossard : «tu ne peux pas rester comme çà, il va arriver un malheur. Il va arriver un malheur». Un galeriste parisien a décrit un homme «calculateur et manipulateur» au «charme fou» et a témoigné de la «souffrance morale» de sa maîtresse.
Une femme «extrêmement éprise» et «pas intéressée»
«C'était le chat et la souris, a raconté un ami du couple. Edouard Stern avait sa proie et voulait l'avoir complètement à sa merci. Il était le maître». Décrivant l'accusée comme une femme conduite «au bord du suicide», il a assuré que le million de dollars versé par Edouard Stern «ne l'intéressait pas», si ce n'est comme gage d'amour.
Auparavant, un aristocrate, ami des amants, avait également assuré que «Cécile Brossard était extrêmement éprise» et «pas intéressée» par l'argent. Des déclarations en totale contradiction avec le portrait de femme cupide brossé par les avocats de la famille Stern.
Fou rire dans la salle du tribunal
La cour a par ailleurs entendu une jeune femme qui a assuré à la barre avoir eu des relations sexuelles avec le banquier et sa maîtresse, à la demande expresse de Cécile Brossard, dont elle est l'amie, «manifestement sous pression d'Edouard qui voulait réaliser ce fantasme». Un fantasme mettant en scène deux écolières, et pimenté d'accessoires sado-masochistes, qui n'a pas choqué le témoin.
Elle a manifestement été plus perturbée par la goujaterie d'Edouard Stern, qui, selon elle, a à peine desserré les dents, lisant entre deux épisodes un magazine qui publiait le «classement des 100 personnes les plus riches». «Il était un peu déçu de ne pas être dedans», a-t-elle noté, déclenchant un fou rire dans la salle du tribunal.
L'audience de ce vendredi s'est conclue sur la projection de la vidéo de la reconstitution du meurtre. Un spectacle que Cécile Brossard a refusé de regarder, tournant le dos à l'écran, prostrée et le visage dans les mains.
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J.M. avec agence
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