Procès Courjault: «J'ai eu conscience à un moment d'être enceinte»

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Publié le 12 juin 2009.

JUSTICE - L'accusée s'est dite en difficulté pour répondre aux questions sur la préméditation, tandis que ses proches se sont succédé à la barre...

Au quatrième jour de son procès, Véronique Courjault s'est sentie «acculée», ce vendredi, par les questions du président de la cour au sujet d'une éventuelle préméditation. «J'ai essayé tout au long de l'instruction de trouver des réponses. Je n'ai toujours pas de réponses à la plupart des questions. Je fais des efforts», a-t-elle expliqué, en pleurs, devant la cour d’assises d’Indre-et-Loire.

«Il faut dire la vérité simple», lui a suggéré le président. «Quand elle est simple, oui», lui a répondu l'accusée avec détermination, debout, tenant d'une main un des deux micros placés devant elle. Après avoir demandé à la défense, qui protestait sur sa manière de mener les débats, d'attendre son tour, le président a poursuivi.

«Je ne crois pas avoir dissimulé ces grossesses»

«Vous avez dissimulé les trois grossesses», a-t-il rappelé à l'accusée, qui s'est défendue d'une voix forte. «Je ne crois pas avoir dissimulé ces grossesses, a lancé Véronique Courjault. J'ai eu conscience à un moment d'être enceinte. Cet état m'a échappé».

Auparavant, les amis du couple s'étaient succédé à la barre pour parler «d'une bonne amie, d'une bonne mère et d'une bonne épouse». L'une d'entre elle ne tarit pas d'éloges: «C'est une véritable amie. Sincère. Elle m'a beaucoup aidée dans une période difficile». Une autre, plus pondérée reconnaît qu'«elle n'est pas d'une gaieté exubérante mais c'est une femme très agréable».

Le déni de grossesse toujours pas abordé

Un collègue de Jean-Louis Courjault a décrit une femme «timide, réservée», mais aussi «une mère qui aime ses enfants». Une affirmation reprise en chœur par les deux amies de l'accusée: «C'est une bonne maman et une bonne épouse». Une autre a même été plus loin, en assurant qu'«en tant que femme et mère», elle ne se sent «pas meilleure ni pire que Véronique». «Dans des circonstances analogues, j'aurais pu faire exactement la même chose», a-t-elle même affirmé.

Tous ont prétendu ne pas s'être «aperçus» que «Véro» était enceinte. Tous ont dépeint un Jean-Louis Courjault «peu observateur» et «très occupé» par son travail. Après quatre jours au cours desquels les débats ont porté sur le côté criminel et judiciaire de l'affaire, les prochaines journées seront consacrées à l'audition des psychologues et des experts psychiatres.

L'occasion, sans doute, d'aborder le «déni de grossesse», dont il n'a toujours pas été question, alors qu'il fait débat et était présenté comme une des clés du procès. Le procès reprendra lundi et devrait durer jusqu'au 17 juin.

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