Utilisateurs de SnowTigers, tremblez, la justice a toutes vos données...
Créé le 12.06.09 à 18h37
Mis à jour le 13.06.09 à 01h01
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TELECHARGEMENT - L'enquêteur en charge du dossier sur le tracker explique son enquête et revient sur les 40 téra-octets de données en possession de la justice...
L'affaire a fait grand bruit dans le milieu underground du téléchargement (illégal) français. L'Association de lutte contre la piraterie audiovisuelle (ALPA), avec l'aide de la gendarmerie nationale,
a porté un coup fatal à SnowTigers, l'un des plus grand trackers bittorent privé français. Le raid a depuis été confirmé par les deux parties. Dix personnes, principalement des administrateurs du site, ont été arrêtées, et entre 40 à 50 téra-octets de données saisis en France mais aussi aux Etats-Unis, au Canada et au Pays-Bas.
>> Pour ceux qui n'ont pas suivi l'affaire (et pour comprendre tous les termes techniques), passage par ici obligatoire
L’adjudant Olivier de Souza a coordonné l’enquête. Sur 20minutes.fr, il revient sur un travail de longue haleine. «On a commencé à s’intéresser à SnowTigers après un travail sur la diffusion du film Camping. On est alors tombés sur cette filière. C’était il y a 1 an et demi / 2 ans. Les premières interpellations ont eu lieu il y a un an. Une dizaine de personnes sont aujourd’hui poursuivies.»
Tous les utilisateurs peuvent être poursuivis
Les enquêteurs ont saisi entre 40 et 50 téra-octets de données, celles de SnowTigers, le tracker, mais aussi celles de Top-sites, qui hébergeaient les films et les musiques. «On n’a pas récupéré physiquement les serveurs, mais on a toutes les données contenues sur ceux-ci. Entre temps, ils ont été effacés, mais il y a fort à parier qu’il y a eu des copies...»
Nouvelle qui devrait inquiéter les utilisateurs de SnowTigers: la justice dispose désormais d’informations sur toutes les personnes en lien avec le site. «Concrètement, dans les données, on a de quoi identifier tous les utilisateurs du site», détaille Olivier de Souza, «Au maximum, il y a eu 250.000 utilisateurs. C’est désormais à la justice de choisir, mais tous peuvent être poursuivis pour complicité de contrefaçon. Ils risquent donc 3 ans de prison et 300.000 euros d’amende.»
Les responsables de SnowTigers, des délinquants professionnels?
Pour l’adjudant de Souza, pas de doute: les responsables du site étaient bien des «délinquants professionnels», et non des passionnés qui ne faisaient aucun profit, comme
on a pu l’entendre sur de nombreux sites. «Ce sont des gens qui avaient un bon salaire, du niveau de certains cadres, sans avoir à aller travailler, en restant chez eux». En effet, certains membres faisaient des «dons», de 30, 40, 50 euros par mois, parfois plus, afin d’avoir accès à un maximum de films. Et c’est justement l’argent, le «nerf de la guerre», qui a permis aux enquêteurs de remonter jusqu’aux responsables du site.
Ce n’est pas pour autant la fin de ce type de téléchargements. Pour l’enquêteur, «c’est la loi de la jungle, quand un tracker meurt, d’autres, plus petits, grossissent et prennent sa place».
Précisions sur les dons et les ratios
Plusieurs membres de SnowTigers ont écrit à 20minutes.fr pour dénoncer les propos de L’adjudant Olivier de Souza. Notamment cette citation: «certains membres faisaient des «dons», de 30, 40, 50 euros par mois, parfois plus, afin d’avoir accès à un maximum de films».
«Totalement faux», dénonce un membre. Concrètement, voilà comment le tracker fonctionnait:
- Normal User = Pas de don. Téléchargement des torrents 24 heures après leur mise sur le tracker. Pas de possibilité d'envoyer de nouveaux torrents. Soumis au ration upload/download de 0,5 minimum.
- Special User = Don de 5 à 19 euros. Téléchargement de torrents dès leur mise sur le tracker (si ration supérieur à 2.0). Possible de mettre de nouveaux torrents sur le tracker. N'est plus soumis au ratio minimum de 0.5
- VIP = don de 20 euros ou plus. Plus de ratio du tout.
Il suffisait donc donner une seule fois pour acquérir un statut de VIP, et pas mensuellement. Effectuer une donation n'ouvrait pas un accès à davantage de contenus. Plusieurs membres nous confient «n'avoir jamais été incité à donner» et ne «jamais l'avoir fait».
Le point qui reste flou est celui du trafic des comptes. SnowTigers était un tracker privé, fermé aux nouvelles inscriptions (sauf pendant des fenêtres très courtes). On trouvait donc des comptes (notamment VIP) à vendre. Il n'est pas clair s'il s'agissait d'une opération des administrateurs, ou de membres individuels (ou simplement d'arnaque).
Philippe Berry
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