Etes-vous surpris par ce qui arrive à votre club ?
Non, au début de l'année, il y avait eu des prémices, quand on s'était fait sabrer notre masse salariale. Il y a vraiment de la déception par rapport à nos performances sportives.
Vous craignez que
les joueurs n'attendent même pas le résultat de l'appel et partent...
Les joueurs sont pros. Au 30 juin, ils sont au chômage. Ils ont beaucoup patienté. Depuis quelques années, on avait fait en sorte que des joueurs français viennent à Nantes et s'y sentent bien. Là, tout est remis en cause. Ça me fout les boules. Et quoiqu'il arrive maintenant, on sera pénalisé pour notre recrutement. En juillet, qui va être sur le marché ? On va faire quoi ? On va faire venir cinq Américains et plein de naturalisés. Mais, tout ça ne me correspond pas.
On vous sent en colère...
Quand je suis arrivé de Challans (Nationale 1), on m'a dit que j'arrivais d'un petit club et que j'étais un petit entraîneur. Je pense avoir montré de bonnes choses sur le terrain. J'ai souvent entendu dire : « Michon, c'est un petit coach, c'est un paysan de Challans, c'est un mec qui doit se souvenir d'où il vient. » Mais, moi, je vois ce que j'ai fait sportivement. Tout le monde me disait : « Mais, Antoine, on ne peut pas avoir d'argent, on n'a pas de résultats. » Sauf que depuis deux ans, on a joué les play-offs. J'avais bâti une vraie équipe sur des joueurs français. C'était lisible ce que j'étais en train de faire. Et, aujourd'hui, on passe un grand coup de brosse sur l'ardoise.
En voulez-vous beaucoup aux dirigeants ?
Les dirigeants, ils sont là pour mettre en oeuvre des moyens financiers pour que les entraîneurs travaillent. Si les dirigeants veulent tout faire, c'est-à-dire entraîner, manager, jouer, on va leur laisser la place et, là, ils montreront leurs limites. Et les nôtres ont déjà montré les leurs ! W
Recueilli par D. P.