Transfert de Ronaldo: «Quand les bornes sont dépassées, il n'y a plus de limite»

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Publié le 11 juin 2009.

FOOT - Le transfert le plus cher de l'histoire du foot suscite des sentiments partagés dans le paysage du foot français...

Que faire d'une enveloppe de 94 millions d’euros? Florentino Perez, le président du Real Madrid, n’a pas tardé à trouver à sa réponse, quelques jours après son retour aux affaires. En proposant un chèque aussi élevé à Manchester United pour attirer Cristiano Ronaldo, le dirigeant madrilène pourrait s’offrir le joueur le plus cher de la planète.

«La question est de savoir de quelle planète on parle», s’indigne Maurice Gabillet, le président de Vannes pour qui un tel transfert est «indécent». «Le foot marche sur la tête. Cette somme ne me fait même pas rêver. Je ne trouve pas de qualificatifs pour en parler…» A la tête d’un club dont le budget ne dépasse pas 7 millions d’euros, cet ancien chef d’entreprise de tracteurs et machines agricoles (20 millions d’euros de chiffre d’affaire annuel) sait qu’il n’exerce pas du tout le même métier que son homologue galactique.

«Un problème de philosophie générale»

«Comme disait le Sapeur Camember, quand les bornes sont dépassés, il n’y a plus de limite, enchaîne Francis Decourrière, l’énergique président valenciennois. Chez nous, 94 millions, ça représente un stade, plus un centre de formation, plus quelques joueurs. On aurait le temps de voir venir. On fait vraiment pas le même sport…»

Très déçu de voir la vedette mancunienne «échapper à Auxerre», Guy Roux a lui aussi une idée précise de ses dépenses, s’il disposait à l’époque d’un tel portefeuille. «On aurait construit un stade, amélioré les structures et acheté quelques joueurs à 3 millions. Le reste on l’aurait placé à 7%, par exemple.»

Et le fair play financier

L'annonce du plus gros transfert de l'histoire a aussi interpellé Michel Platini. Le président de l'UEFA se dit préoccupé par l'enchaînement des transferts mirobolants «au moment où le football européen fait face à de dangereux défis financiers». L'ancien meneur des Bleus a de nouveau évoqué «la question du fair-play financier.»


Frédéric Thiriez en a appelé lui à la constitution d'une DNCG européenne.«Je pense comme Michel Platini que ces sommes deviennent injustifiables et incompréhensibles à tout esprit normal. Ce type d'excès finira par conduire le football européen dans le mur.»

«Plus rien n’est étonnant en matière de transferts», poursuit, blasé, l’ancien coach bourguignon. Cette offre record ne le choque même pas. «C’est un problème de philosophie générale. Soit, on est dans un régime régulé, le communisme. Soit dans une économie de marché, comme c’est le cas dans le domaine des transferts.» Avec toutes ses surenchères possibles et imaginables.
R.S.
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