Rohr, ce baroudeur-bricoleur

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Publié le 11 juin 2009.

L'amour du risque. Gernot Rohr - qui s'est engagé mardi pour deux ans

au FCN - s'attaque à un chantier pharaonique. Un de plus au regard de son parcours tumultueux. « Même pas peur ! », a-t-il répété à l'envi aux journalistes quelques heures, après l'officialisation de sa mission. Il faut dire que l'homme, âgé de 56 ans, en a vu d'autres. Surtout à Nice quand il y arrive en 2002. Malgré la remontée en Ligue 1, le club azuréen est en totale déshérence et en proie à de grosses difficultés pécuniaires. Il se pointe « dans un contexte sulfureux et complexe », selon un confrère niçois. « C'était la galère, continue ce journaliste. Je me souviens qu'il n'y avait même plus de chasubles pour les entraînements et Rohr s'était fait prêter des ballons... » Mais avec « une habile méthode de communication », il réussit à rabibocher le club et son environnement. A tel point que contre toute attente Nice occupe le haut du pavé en championnat pendant plusieurs semaines. Avec pourtant « une équipe de bric et de broc ». « Il sait utiliser les joueurs à 100 % de leur potentiel, vante Romain Rocchi, qui l'a eu à Ajaccio. Il a su me relancer. Il parle peu mais bien. »

Le Niçois Olivier Echouafni abonde dans ce sens : « C'est un vrai meneur d'hommes. Il est très bon pour faire passer ses messages. » Et parfois, il les transmet de manière bien originale. « Avec lui, on a tout fait, raconte Philippe Lucas, sous les ordres de Rohr à Bordeaux en 1996. Ça allait du plateau de fruits de mer pris ensemble à la balade en montagne. Il savait nous sortir de notre train-train quotidien. » Par ses méthodes, Rohr détonne dans un milieu pourtant fermé et aseptisé. « Je n'ai pas le souvenir de nombreux entraînements à huis clos, confesse ce confrère niçois. Je me rappelle davantage de séances sur la plage ouvertes au public et aux médias. Et après, les journalistes allaient manger une pizza avec les joueurs. C'était à la bonne franquette ! » On n'est donc bien loin des clichés austères qui collent à l'entraîneur d'origine allemande... Reste que le néo-Canari s'accommode davantage d'un bon tacle qu'une aile de pigeon. Rigueur défensive semble être son leitmotiv. « C'est un guerrier, à l'image de ce qu'il était quand il jouait », estime le président niçois, Maurice Cohen. « C'est son caractère d'être accrocheur et de ne rien lâcher, et ça, il le transmet à ses hommes, continue Rocchi. C'est vrai, à l'entraînement, il met l'accent sur l'impact physique. » Philippe Lucas relativise un peu cette image de « coach-bûcheron » : « Tout dépend de ce qu'il a entre les mains. En 1996, il avait Zidane, Dugarry et Lizarazu. C'était quand même très dur d'être défensif avec eux. Il n'avait pas le choix. » Il l'aura sans doute davantage avec le FCN la saison prochaine. W

David Phelippeau
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