EDUCATION - Ils reprochent au gouvernement de passer en force sur la formation des enseignants...
Les projets de décrets réformant la formation des enseignants cristallisent toujours l’opposition entre le gouvernement et le monde éducatif. Dernier épisode en date, la Conférence des présidents d'université (CPU) a annoncé ce mercredi suspendre sa participation à la commission Marois-Filâtre sur la «masterisation».
Ce qui fâche la CPU, c’est que ces projets de décrets doivent passer en conseil de la fonction publique le 12 juin, puis au Conseil d'Etat peu de temps après. Ils pourraient ainsi être promulgués d'ici à la fin juin. Or, ils abordent certains sujets qui, à la suite du mouvement universitaire, ont été mis en débat au sein de la commission Marois-Filâtre qui doit rendre ses conclusions, elle, le 15 juillet. Il y a un mois, le gouvernement
avait tenté d'apaiser les tensions en annonçant que les étudiants titulaire d'un master 1 (M1) reçus au concours en 2010 seraient directement recrutés comme fonctionnaires stagiaires et donc rémunérés.
Rétablir un dialogue paritaire
Les principales fédérations syndicales d'enseignants, FSU, Unsa et Sgen-CFDT, ont dénoncé ce mardi un «passage en force». La CPU, quant à elle, «en accord avec les conférences de directeurs d’IUFM, de lettres et de sciences, continuera à travailler, indépendamment, pour élaborer des conclusions, propositions et recommandations dans les semaines à venir». Elle précise qu’elle «reste ouverte aux propositions» du ministère de l'Education «qui permettraient de rétablir un dialogue paritaire».
L'un des deux co-dirigeants de cette commission, Daniel Filâtre, est le président de l'université Toulouse-II Le Mirail, qui a revoté la grève mardi en milieu journée.
La réforme de la formation et du recrutement des professeurs des écoles, collèges et lycées prévoit que les futurs enseignants soient recrutés au niveau «master 2» (bac+5) et que la formation incombe aux universités via ces masters. Les syndicats sont pour ce recrutement à bac+5, mais ils pointent des risques pour la qualité de la formation.
Avec agence