Un dialogue de sourds. Les jeunes actifs et leurs employeurs sont loin
d'être sur la même longueur d'onde. C'est ce que révèle une étude du cabinet de conseil et de formation Cegos sur les 20-30 ans et le travail, réalisée en avril et rendue publique hier. Celle-ci montre clairement que les entreprises ne parviennent pas encore à appréhender les attentes de la génération Y, née entre 1980 et 1996.
« Ces jeunes, qui ont vu leurs parents se surinvestir dans le travail sans être forcément payés en retour, conçoivent leur emploi de manière moins affective », commente Annick Cohen, consultante chez Cegos. « Le travail est un moyen pour eux, non une finalité », renchérit Jacques Coquerel, président du groupe Cegos. Conséquence : les jeunes développent une approche pragmatique et plus distancée que leurs aînés à l'égard de leur job et se montrent plus exigeants qu'eux sur leurs conditions de travail. Pour preuve : 62 % des 1 000 jeunes salariés interrogés placent le niveau de rémunération globale, les évolutions salariales (35 %) et les opportunités de carrière (27 %) qui leur sont proposés au premier rang de leurs priorités. De leur côté, les DRH pensent que l'image et la notoriété de l'entreprise, suivies par l'attractivité du poste sont les principaux leviers pour attirer ces jeunes.
Ce décalage entre les attentes des jeunes et la politique de ressources humaines ne risque pas franchement de s'arranger. Car les DRH envisagent surtout d'améliorer les parcours d'intégration de leurs jeunes recrues et leur processus de recrutement, bien avant de réviser leur politique de rémunération. D'autant plus en période de crise... W