«Je m’appelle Véronique Fièvre Courjault.» La voix est faible et aigue. Celle qui se présente ainsi ce mardi matin devant la cour d’assises d’Indre-et-Loire, est surtout méconnaissable. Avec sa large frange, ses cheveux tirés en arrière et plusieurs kilos de moins, Véronique Courjault n’a plus grand-chose à voir avec la petite femme ronde et passe-partout de l’été 2006, lorsque «l’affaire des bébés congelés» avait éclaté.
Mais si cette mère de 41 ans semble aujourd’hui plus à son avantage, l’épreuve de ce procès semble immense pour elle. A peine entrée dans le box, Véronique Courjault lance des regards furtifs et gênés à la salle où se massent le large public et toute sa famille et belle-famille.
«Je suis venu soutenir ma femme parce que je l’aime»
Respirant plusieurs fois profondément, se pinçant les lèvres, les épaules basses, elle cache mal son anxiété. Face à elle, de l’autre côté du prétoire, son mari Jean-Louis Courjault, est lui aussi très nerveux. Triturant sa sacoche en cuir, cet ingénieur en automobile ne lâche pas son épouse du regard. Car même s’il s’est constitué partie civile, Jean-Louis Courjault n’est pas ici une victime, mais un appui pour son épouse. «Je suis venu soutenir ma femme parce que je l’aime», a-t-il expliqué à la presse à son arrivée.
Cet amour et ce pardon transparaissent également du côté des familles. A l’appel, par la cour, de ses proches comme témoins, Véronique Courjault ne peut retenir ses premières larmes. Ses parents, ses frères et sœurs, sa belle-famille, tous lui lancent un regard ou un geste de soutien. Lydie, sa petite sœur, lui souffle même un baiser. A chacun, Véronique Courjault répond par un sourire gêné, presque comme une excuse de leur infliger tout ça.