Les larmes de Véronique Courjault

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Publié le 9 juin 2009.

JUSTICE - Jugée pour trois infanticides, elle affronte aujourd'hui le regard de ses proches et un jury très masculin...

«Je m’appelle Véronique Fièvre Courjault.» La voix est faible et aigue. Celle qui se présente ainsi ce mardi matin devant la cour d’assises d’Indre-et-Loire, est surtout méconnaissable. Avec sa large frange, ses cheveux tirés en arrière et plusieurs kilos de moins, Véronique Courjault n’a plus grand-chose à voir avec la petite femme ronde et passe-partout de l’été 2006, lorsque «l’affaire des bébés congelés» avait éclaté.

Mais si cette mère de 41 ans semble aujourd’hui plus à son avantage, l’épreuve de ce procès semble immense pour elle. A peine entrée dans le box, Véronique Courjault lance des regards furtifs et gênés à la salle où se massent le large public et toute sa famille et belle-famille.

«Je suis venu soutenir ma femme parce que je l’aime»

Respirant plusieurs fois profondément, se pinçant les lèvres, les épaules basses, elle cache mal son anxiété. Face à elle, de l’autre côté du prétoire, son mari Jean-Louis Courjault, est lui aussi très nerveux. Triturant sa sacoche en cuir, cet ingénieur en automobile ne lâche pas son épouse du regard. Car même s’il s’est constitué partie civile, Jean-Louis Courjault n’est pas ici une victime, mais un appui pour son épouse. «Je suis venu soutenir ma femme parce que je l’aime», a-t-il expliqué à la presse à son arrivée.

Pendant deux semaines, la cour d’assises va se pencher sur l’intimité complexe de ce couple, pour tenter de comprendre comment Véronique Courjault a pu à trois reprises – en 1999, 2002 et 2003 – accouché clandestinement et tué trois bébés sans que son mari ne se doute jamais ni des grossesses, ni des assassinats. Trois bébés qui pour deux d’entre eux, ceux nés à Séoul, ont été symboliquement baptisés «Alexandre» et «Thomas» par le couple, depuis le drame.

Quatre jurées femmes ont été récusées

Cet amour et ce pardon transparaissent également du côté des familles. A l’appel, par la cour, de ses proches comme témoins, Véronique Courjault ne peut retenir ses premières larmes. Ses parents, ses frères et sœurs, sa belle-famille, tous lui lancent un regard ou un geste de soutien. Lydie, sa petite sœur, lui souffle même un baiser. A chacun, Véronique Courjault répond par un sourire gêné, presque comme une excuse de leur infliger tout ça.

 

C’est une cour essentiellement masculine qui va juger cette affaire de mère infanticide. Lors de la composition du jury, la défense et l’accusation ont récusé quatre jurées femmes. Au final, ce sont sept hommes et deux femmes qui vont se pencher sur «le mystère Courjault». Le tout publiquement, la demande de huis clos déposée dès l’ouverture de l’audience par les parties civiles, ayant été rejetée par la cour.
De notre envoyé spécial à Tours, Bastien Bonnefous
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