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Barroso candidat à sa propre succession, mais pas sûr d'être réélu

Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, le 19 mars 2009 à Bruxelles
Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, le 19 mars 2009 à Bruxelles/Dominique Faget AFP

INSTITUTIONS - Fort du succès d'Europe Ecologie, Daniel Cohn-Bendit a annoncé qu'il fallait «maintenant mettre en place un front anti-Barroso»...

José Manuel Barroso continue sur sa lancée. Le président de la Commission européenne a annoncé ce mardi, sans surprise, être candidat à sa propre succession. Mais la partie n'est finalement pas si jouée d'avance pour le Portugais. Si les conservateurs, dont José Manuel Barroso fait partie, sont arrivés en tête aux élections de dimanche, ils sont loin de la majorité absolue. Ils ont besoin d'une alliance avec d'autres partis pour s'imposer. Fort du succès d'Europe Ecologie, Daniel Cohn-Bendit l'a souligné dès dimanche soir en annonçant qu'il fallait «maintenant mettre en place un front anti-Barroso».

Mais qui pourrait lui faire face? En effet, si le Parti socialiste européen (PSE) présente Barroso comme un libéral à écarter de la présidence, il n'a pas encore trouvé son candidat. De plus, il devra aboutir à un consensus avec ses alliés au Parlement. Pour le moment, seul le nom du Danois Poul Nyrup Rasmussen, président du PSE, est évoqué. Mais il est loin de faire l'unanimité.
 
Nommé dès la semaine prochaine?
 
Du coup, la droite européenne prend les choses en main. Elle a offert, lundi, une alliance aux libéraux et socialistes pour assurer une rapide reconduction du Portugais à la tête de la Commission européenne. «J'ai demandé au président Barroso s'il était prêt» pour un deuxième mandat «et j'ai eu une réponse positive», a indiqué le Premier ministre tchèque Jan Fischer, dont le pays exerce la présidence semestrielle tournante de l'Union européenne. L'intéressé s'est dit «honoré» que Jan Fischer lui ait «demandé s'il pouvait mettre [son] nom en avant pour un second mandat».
 
Certains pays comme la Suède, qui présidera l'UE à partir de juillet, poussent à ce que la reconduction de José Manuel Barroso soit actée dès le sommet européen des chefs d'Etat jeudi et vendredi prochains à Bruxelles. «Je suis favorable à ce que nous donnions dès à présent un mandat plein et entier au président» de la Commission, et pas seulement un soutien de principe, a affirmé le Premier ministre suédois Fredrik Reinfeldt.
 
Une majorité fragile
 
Mais tous ne sont pas de cet avis. La France et l'Allemagne, notamment, sont plutôt réservées sur le calendrier. Surtout que rien ne presse puisque, officiellement, le mandat du président de la Commission ne s'achève qu'en novembre. Pourquoi accélérer la décision? Parce que l'Irlande se sera prononcée entre temps sur l'adoption ou non du Traité de Lisbonne. Traité qui modifie le mode de désignation du président de la Commission en laissant une part de décision plus importante au Parlement européen qu'aux 27 chefs d'Etats.

Le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a néanmoins déclaré ce mardi qu'il «imaginait mal» que José Manuel Barroso ne soit pas reconduit à la tête de la Commission européenne, en soulignant qu'il était à l'heure actuelle seul en lice.

Si Barroso n'a aucun rival à ce jour, il s'est toutefois gardé une porte de sortie. «Sur la base des consultations, j'évaluerai si mon ambition pour l'Europe correspond à l'ambition des Etats membres et du Parlement européen, et je prendrai ma décision finale en fonction de cela», a-t-il indiqué. Il a souligné que son «acceptation présuppose que le Conseil européen (qui réunit les chefs d'Etat et de gouvernement des pays de l'UE) et le Parlement européen embrassent le programme ambitieux que je proposerai pour l'Europe dans les cinq prochaines années». Il a évoqué en particulier les réformes de la supervision financière et des avancées en matière de climat, notamment avec un nouvel accord fort lors de la conférence de Copenhague prévue en décembre.
Maud Descamps (avec agence)
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