Un coup de théatre dans son deux-pièces
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Un espace de 30 m
2, une troupe d'acteurs motivés, et le tour est joué.
Né dans les années 1950 outre-Atlantique, le théâtre à domicile s'impose peu à peu en France depuis dix ans. Un phénomène plutôt rural et provincial, mais de plus en plus plébiscité dans les grandes villes. L'objectif est de proposer à ses convives une soirée différente. « Nous venons souvent pour des anniversaires, mais aussi pour satisfaire des amateurs de théâtre qui se cotisent pour payer notre venue. Dans ce cas, nous proposons des pièces d'auteurs, de Molière à Lagarce, qui plaisent aux initiés », explique Daniel Trubert, de la compagnie parisienne La Phalène.
Une vingtaine de compagnies spécialisées dans le théâtre d'appartement sillonne ainsi l'Hexagone en quête d'appartements transformables en salles de spectacles éphémère. La compagnie de théâtre de Laverune, entièrement associative, se déplace dans tout le Languedoc-Roussillon : « Nous faisons parfois 150 km pour jouer à un anniversaire », raconte Jean-Luc Renner, un des acteurs de l'association.
Les troupes proposent à leurs clients un catalogue de pièces dans lequel ils font leur choix. Le registre comique est privilégié car le théâtre d'appartement anime plutôt des soirées festives. Certaines compagnies proposent des performances « café-théâtre », pendant lesquelles les acteurs prennent à parti un public de tous âges et de toutes professions : « L'initiateur est souvent cadre supérieur, médecin ou professeur. Parfois, les autres spectateurs ne connaissent pas le théâtre », continue Daniel Trubert. Un mélange qui a surpris les acteurs : « A nos débuts, nous visions un public de notables aisés. Or, ça n'a pas été le cas. Nous voyons plutôt des "bobos", qui ont des moyens, mais pas trop », souligne Guido Reyna de la compagnie Isn't It. Le succès est constant depuis le début : « Et les demandes augmentent depuis la crise. A croire que les Français ont besoin de rire ! » Le prix d'une représentation oscille entre 60 et 400 euros. Mais les professionnels ne comptent pas leurs heures : « Après le spectacle, nous restons avec les gens pour boire un verre ou manger. C'est l'occasion de parler de la pièce, chose impossible lorsqu'on joue en salle. » W