Véronique Courjault, une femme ordinaire

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Publié le 8 juin 2009.

PARCOURS - Issue d'une grande fratrie, elle expliquera aux enquêteurs qu'elle ne voulait pas avoir d'autres enfants...

Pour les siens, Véronique Courjault reste malgré tout «une mère exemplaire et affectueuse». Fille de viticulteurs modestes du Maine-et-Loire, Véronique Fièvre grandit dans une famille nombreuse, sixième d’une fratrie de cinq sœurs et deux frères. Le climat familial est décrit par les enquêteurs comme «assez étouffant», avec une communication entre ses membres «quasi inexistante». Des parents taiseux et travailleurs, et une mère occupée 24 heures sur 24 par ses sept enfants.

Elève «plutôt satisfaisante», Véronique rencontre Jean-Louis Courjault à l’université de Poitiers en 1987. Elle y suit des études de sociologie, lui est en IUT de génie thermique. Ils se marient en 1994 – «par schéma social», reconnaîtra le mari devant le juge d’instruction – et ont deux garçons, Jules et Nicolas, en 1995 et 1996. Il s’installe près de Blois, à Villeneuve-la-Comtesse, où elle travaille comme analyste-programmeur. Lui, déjà ingénieur, ne rentre souvent qu’en fin de semaine.

Pas le courage d'élever d'autres enfants

En 1999, Véronique tombe enceinte d’un troisième enfant. Elle cache sa grossesse à son mari et accouche seule, chez elle, en juillet. Elle étouffe le bébé – un garçon - et brûle son cadavre dans l’insert de la cheminée. «Je ne me sentais pas le courage d’élever plus d’enfants», dira-t-elle en 2006 lors de l’instruction.

Pourtant, Véronique Courjault ne prend plus de contraceptifs depuis 1996 et la naissance de son deuxième fils. Elle n’aura pas recours non plus à l’interruption volontaire de grossesse.

Départ pour Séoul

En août 2002, la famille s’expatrie à Séoul, en Corée du Sud. Véronique abandonne son emploi, pour élever ses deux enfants. En septembre ou octobre 2002, elle mettra de nouveau au monde clandestinement un enfant non désiré, avant de le tuer et de le cacher, au congélateur, dans un sac plastique. Elle renouvellera le macabre scénario un an plus tard en décembre 2003.

Aux enquêteurs, elle expliquera son choix de conserver les cadavres au congélateur par sa crainte des caméras de vidéo-surveillance très présentes à Séoul, dans leur résidence comme dans les rues.

Mais ce troisième accouchement sauvage dans la salle de bains de l’appartement tourne mal pour Véronique Courjault. Souffrant d’une infection généralisée, elle subit une ablation de l’utérus à l’hôpital. Son époux, informé de l’opération, n’en saura jamais le motif. Les médecins préfèrent rester discrets, croyant à une infection contractée dans le cadre d’une relation adultérine. 

Elle transporte les corps des nourrissons lors d'un déménagement

En juin 2005, la famille déménage dans Séoul, et Véronique Courjault transporte elle-même les cadavres des nourrissons dans un sac isotherme jusqu’au nouvel appartement, distant de quelques centaines de mètres.

Le dimanche 23 juillet 2006, Jean-Louis Courjault est seul à Séoul, sa femme et ses enfants sont en vacances en France. Il veut déposer au congélateur trois kilos de maquereaux salés offerts par un collègue de travail. C’est en cherchant de la place dans un compartiment qu’il découvre les sacs.

Bastien Bonnefous
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