JUSTICE - Plusieurs associations veulent profiter de la médiatisation de l'affaire Courjault pour lever ce tabou médical...
Le procès de Véronique Courjault sera-t-il celui du «
déni de grossesse»? La défense y pense et plusieurs associations le souhaitent, voulant profiter de la médiatisation de l'affaire, pour lever ce tabou médical. Selon l'Association française pour la reconnaissance du déni de grossesse, au moins 1.600 femmes chaque année ignorent, au moins jusqu'à leur accouchement, qu'elles sont enceintes.
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Mais pour la justice, le cas de Véronique Courjault n'appartient pas à cette catégorie. L'enquête a établi que cette mère a pris à chaque fois la décision de tuer ses bébés «dès qu'elle a su qu'elle était enceinte». Une sorte de préméditation en somme, d'où son renvoi devant les assises pour «assassinats».
Même si elle confesse avoir «vécu comme si (elle n'était) pas enceinte», Véronique Courjault était «totalement consciente» de son état, sauf qu'à ses yeux, ces enfants «n'étaient pas des êtres à part entière, je ne leur parlais pas».
Les experts psychiatres qui l'ont examinée en détention, sont divisés sur son profil. Les docteurs Masson et Puel-Metivier diagnostiquent un «cas assez exceptionnel, non pas de déni de grossesse, mais de refus de maternité». Dans leur rapport, ils soulignent même l'idée d'un «secret désir de pouvoir donner la vie et la mort chez une femme d'apparence relativement effacée». Leurs confrères Jadech et Lamiraud notent plutôt un «important clivage psychique» entre la Véronique Courjault publique «convenablement investie», et celle «très introversive» dans le cercle privé. Il y a «une part d'obscurité en elle, quelque chose qui resterait non dévoilé pour elle-même». A la justice de lever ce voile.
Bastien Bonnefous