EUROPEENNES - Au siège du Parti socialiste, la soirée électorale était loin d'être une fête...
Dimanche soir, dans la cour du siège du Parti socialiste plus remplie par les journalistes que par les militants, les premières estimations des résultats ont renfrogné les visages et crispé les conversations. A 20 heures, 17,5% des voix pour le PS, c'est la débâcle. On attend la réaction de la première secrétaire du parti pour 20h30. Les cadres du parti réagissent. Pour Jean-Christophe Cambadélis, «les Français sont passés à côté de la rénovation en cours au sein du parti».
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En attendant, tout le monde se console au buffet, y compris Louise, jeune socialiste «très militante», qui a «tracté et collé beaucoup d'affiches» pour ce scrutin européen. La jeune femme est déçue, mais encourage déjà Martine Aubry à re-motiver les troupes pour continuer d'avancer. «Nous, on est motivés pour lutter contre la politique de la droite et pour faire circuler nos idées», assène-t-elle. Ce qui l'inquiète le plus? Que l'UMP prenne ce résultat comme «un référendum en faveur de sa politique, ce qui est faux. Toutes les voix cumulées pour la gauche lui donnent la majorité ce soir.»
«Les Français ont une envie de gauche»
Le PS prend une claque, mais la gauche est majoritaire. C'est à cet axiome que se raccroche le PS, de la base jusqu'au sommet. Ainsi, Bruno Juillard, costume gris et baskets blanches, explique que «ce score est une alerte, les Français ont dit à la gauche qu'ils avaient envie d'elle, mais qu'elle ne répondait pas encore à leurs attentes. Il faut donc aller plus vite dans la rénovation du parti, être plus offensif, voire plus radical.» Maigre consolation: le PS a perdu, mais les Français ont un fort désir de gauche.
Dix minutes et Martine Aubry s'en va
A 21h10, avec 40 minutes de retard, Martine Aubry apparaît enfin. Applaudie par les militants présents, elle prend la parole. La première secrétaire du parti annonce avoir pris «toute la mesure de la responsabilité du Parti socialiste dans le score qui est le sien», appelle à une ouverture du parti à la société, et annonce trois grandes lignes de conduite: l'unité, la rénovation des idées, et le rassemblement de la gauche. Dix minutes de discours, pas une de plus. Martine Aubry repart. Les militants applaudiront encore quelques minutes après qu'elle a quitté la cour.
Les ténors du parti, eux, restent encore. Malek Boutih et Arnaud Montebourg enchaînent les interviews. Et déjà, des voix discordantes se font entendre: les Ségolistes appellent à revoir de fond en comble le PS. Bruno Juillard dénonce quant à lui le fait que «l'on se débrouille toujours au PS pour couper la tête de ceux qui émergent». Comprendre: Benoît Hamon, «un atout majeur, une des principales sources d'espoir pour l'avenir du parti», placé huitième sur la liste socialiste avait toutes les chances de rester sur le carreau... Et y est resté. Comme une bonne moitié des eurodéputés socialistes français.
Bérénice Dubuc