Que pensez-vous des résultats de ce scrutin européen?
C’est un résultat trois fois décevant. Décevant pour l’ensemble de l’Europe, car les peuples ont très peu participé à cette élection. Décevant pour les grands partis français, qui n’ont pas su créer une dynamique participative dans notre pays. Décevant pour le parti socialiste, puisque nous avons commencé notre rénovation, mais qu’elle n’a pas été perçue par les Français.
Comment l’expliquez-vous?
Martine Aubry a été élue il y a seulement six mois. Six mois, ce n’est pas un temps assez long pour redonner de l’attrait à un parti. Ces élections sont arrivées trop tôt par rapport à notre propre calendrier. Nous savions pertinemment que nous ne pourrions pas faire un score extraordinaire vu le peu de temps qui nous était imparti.
Ce résultat ne risque-t-il pas de déstabiliser le PS, en interne?
Les tensions internes ne sont pas impossibles, mais ne sont pas nécessaires non plus. Ce scrutin n’est en aucun cas un camouflet pour Martine Aubry, elle doit continuer ce qu’elle a engagé. Quant à Benoît Hamon, je pense qu’il a agi sous un coup de colère lorsqu’il a annoncé qu’il démissionnerait s’il n’était pas élu à l’issue de ce scrutin. Nous avons besoin de lui comme porte-parole. Pour redynamiser le PS, nous avons besoin de tous. Il n’y a pas seulement un problème au sommet du parti, il faut que nous continuions notre reconstruction, tous ensemble, dans toutes les sections, avec les militants.