DIPLOMATIE - Pour faire taire les rumeurs qui les disent en mauvais termes, les deux chefs d'Etat ont montré beaucoup de complicité à l'occasion des célébrations du 65e anniversaire du débarquement...
Pour celui qui n’avait jamais vu ni entendu les deux hommes auparavant, l’illusion aura été parfaite. Nicolas Sarkozy et Barack Obama ont fait assaut d'amabilités et de compliments, samedi à Caen, pour louer l'accord parfait de la France et des Etats-Unis sur les questions internationales et faire taire ceux qui suggèrent que leur relation personnelle n'est pas parfaite.
«Peut-être jamais dans l'histoire de nos pays les Etats-Unis et la France n'ont été aussi proches sur les grands dossiers et sur les grands sujets», a d'emblée lancé le président français à la presse à l'issue d'un entretien en tête à tête d'une petite heure avec son homologue américain.
«C’est un plaisir de travailler avec Barack Obama»
Devant Barack Obama, Nicolas Sarkozy a rappelé «combien nous soutenons la main tendue à la Russie», «combien nous étions d'accord avec lui sur les questions israélienne et palestinienne», que la France était «totalement solidaire» des Etats-Unis sur le dossier nucléaire iranien et souligné la «totale identité de vues» des deux pays sur la Corée du Nord.
«C'est un plaisir de travailler avec Barack Obama (...) il sait que la France est amie des Etats-Unis», a-t-il conclu.
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Interrogé sur la brièveté de son séjour en France, Barack Obama a confié qu'il n'aurait «rien aimé plus que d'avoir une semaine détendue à Paris, marcher le long de la Seine, inviter (sa) femme à un bon repas, pique-niquer au parc du Luxembourg».
«Mais cela m'est impossible pour le moment», a-t-il regretté, avant de promettre qu'il passerait «plus de temps» en France lorsqu'il aura quitté la Maison Blanche.
«Des amis incontournables»
«Les bons amis ne s'inquiètent pas des symboles, des conventions et du protocole. Les Etats-Unis sont des amis incontournables de la France et vice-versa (...) je considère personnellement Nicolas Sarkozy comme un ami», a insisté le président américain. «Je crois que vous prêtez trop de signification à mon emploi du temps», a-t-il conclu.
«Vous croyez qu'on n'a pas autre chose à faire que de faire des belles photos en papier glacé?», est intervenu Nicolas Sarkozy sur un ton agacé.
«Vous pensez qu'avec la crise économique internationale, le chômage aux Etats-Unis, le chômage en France, le chômage en Europe, le problème de l'Iran, on a que ça à faire de calculer, est-ce qu'on va prendre un bon restaurant ensemble ou est-ce qu'il va passer une nuit de plus ici ?», a-t-il insisté.
«Vous croyez que les gens attendent simplement qu'on soit là tous les deux en se tenant la main? Ils veulent des résultats, que sur des dossiers comme l'Iran ou la Corée du Nord, on soit en harmonie globale», a-t-il ajouté.
Sarkozy «totalement d’accord avec le discours du Caire»
Plus tôt dans la journée, Nicolas Sarkozy s'est déclaré «totalement d'accord» avec le discours que Barack Obama a prononcé au Caire, «un discours remarquable», «y compris sur la question du voile» islamique, qui n'est «pas un problème à condition» qu'il soit un «libre choix».
«Ca fait bien longtemps qu'on attendait que les Etats-Unis d'Amérique, la première puissance du monde, prennent toutes leurs responsabilités pour éviter le choc des cultures entre l'Occident et l'Orient», a affirmé le président français.
«Je précise juste deux choses: en France, toute jeune fille qui veut porter le voile peut le faire. C'est sa liberté», a-t-il insisté.
Il réaffirme les principes de la laïcité...
Toutefois, «nous mettons deux limites (...) parce que nous sommes un Etat laïque. La première, c'est qu'aux guichets des administrations, les fonctionnaires ne doivent pas avoir de signes visibles de leur appartenance religieuse. Catholiques, juifs, orthodoxes, protestants, musulmans. C'est ce que nous appelons l'impartialité de l'administration, la laïcité».
«Aux guichets de nos administrations, personne ne doit avoir un signe, parce que les fonctionnaires sont là pour tout le monde», a-t-il encore insisté.
"La deuxième réserve que nous avons, c'est que les jeunes filles musulmanes (qui) portent le voile, ce n'est absolument pas un problème, à condition que ce soit une décision émanant de leur libre choix, et non pas d'une obligation qui leur soit faite par leur famille ou par leur entourage», a-t-il affirmé.
Mais n’évoque pas la question du voile à l’école
Selon Nicolas Sarkozy, «la France est un pays où chacun peut vivre ses convictions mais on respecte la femme, on respecte son autonomie».
«J'ai beaucoup fait, comme ministre de l'Intérieur (ndlr: pendant le second mandat du président Jacques Chirac), pour que les musulmans de France puissent vivre leur foi comme n'importe quel autre Français appartenant à n'importe quel autre religion».
Comme ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy avait notamment créé un Conseil français du culte musulman (CFCM).
En France, une loi sur la laïcité, entrée en vigueur le 2 septembre 2004, interdit le port de signes religieux ostensibles à l'école publique.
Le président Sarkozy n'a pas évoqué, lors de sa conférence de presse avec Barack Obama, la question du voile islamique à l'école.
«Eviter de gêner les musulmans dans la pratique de leur religion»
Les propos de Barack Obama en faveur du voile islamique, dans son discours du Caire, ont provoqué l'indignation des féministes en France.
«Il est important pour les pays occidentaux d'éviter de gêner les citoyens musulmans dans la pratique, telle qu'ils la souhaitent, de leur religion, et par exemple en dictant les vêtements qu'une femme doit porter», avait-il notamment déclaré.
Arrivé à Paris vendredi soir, Barack Obama doit quitter la France dimanche à la mi-journée pour les Etats-Unis, après quelques heures passées en privé à Paris avec son épouse et ses deux filles.
Avec agence