TENNIS - Ce Roland-Garros 2009 confirme que le féminin traverse une phase de transition...
De notre envoyé spécial à Roland-Garros
Comme tous les seconds jeudi de la quinzaine, Roland-Garros se met à l’heure des femmes avec les demi-finales dames. Le reste du temps, le tennis féminin doit cohabiter avec son envahissant grand frère. Programmation taillée pour ces messieurs («Ils préfèrent mettre nos match le matin quand il n’y pas grand monde ou le soir lorsqu’il n’y a plus personne»,
balance l’espiègle Alizé Cornet), tribune présidentielle déserte pour assister au huitième de finale de Virginie Razzano, les filles ont parfois eu l’impression de compter pour des prunes pendant le tournoi.
Le mal n’est pas nouveau. Depuis la retraite des Hénin, Hingis, Clijsters et l’implication à mi-temps des soeurs Williams, le circuit féminin attire moins les regards. «On est dans une phase de transition comme l’a connu le tennis masculin il y a une dizaine d’années», remarque
Sarah Pitkowski ancien 28e mondiale. «Comme dans tous les sports, il faut une locomotive. La retraite d’Hénin a laissé un vide qui n’est toujours pas comblé. On cherche de nouvelles têtes d’affiche, même si Safina semble s’installer à sa place de numéro 1», poursuit celle qui commente pour Eurosport le circuit féminin tout au long de l’année.
«Le niveau moyen a augmenté, mais en haut ça stagne»
Sport d’opposition par essence, le tennis se nourrit d'abord de duel. Et c’est bien le coeur du problème. «Le tennis masculin attire davantage les attentes parce qu’il a des Nadal-Federer qui créaient une attente absente chez les filles», déplore l’ancien capitaine de Fed Cup, George Goven.
Pourtant, le tennis féminin provoque moins les sarcasmes qu’il y a une quinzaine d’années. L’époque où une Steffi Graf lâchait un jeu (les mauvais jours) à ses adversaires des premiers tours, paraît révolue. «Le niveau d’ensemble a augmenté. Avant sur les Grand Chelem, les médias commençaient à s'intéresser aux filles à partir des quarts, ce n’est plus le cas aujourd’hui», note Sarah Pitkowski. George Goven nuance cette homogénéisation: «Le niveau moyen a progressé, mais en haut ça stagne.
Le retour de Clijsters va être intéressant à observer. Si ellel réintègre tout de suite le Top 5, ça voudra tout dire». Faire du neuf avec du «vieux», c’est peut-être une solution comme une autre. D’ailleurs,
Kim Clijsters n’a jamais que 25 ans.
Alexandre Pedro