Crash du vol AF 447: Et maintenant?

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Publié le 8 juin 2009.

ENQUÊTE - Les autorités françaises et brésiliennes ont fait des deux boîtes noires de l'airbus A330-200 leur priorité. Un important dispositif a été mis en place pour y parvenir...

«C'est une course contre la montre qui est engagée dans des conditions météorologiques extrêmement difficiles et dans une zone où les fonds marins peuvent atteindre 7 000 mètres.» C'est ce que déclarait mardi le Premier ministre français, François Fillon. Depuis, la zone du crash de l’Airbus A330-200 d'Air France a été clairement identifiée, des débris ayant été retrouvés sur une bande 5 km. Mais le temps est compté pour retrouver les deux boites noires. Dans un peu moins d'un mois, elles n'émettront plus de signal. Côté français, le navire «Pourquoi Pas» de l'Ifremer (Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer), équipé d'un mini-sous-marin Nautile et d'un robot de recherche pouvant intervenir jusqu'à 6 000 mètres de fond, doit appareiller ce mercredi de l'archipel des Açores. Il lui faudra au moins huit jours pour rejoindre la zone de recherches.

Peu d’espoir de retrouver les boîtes noires
«On estime qu'on est probablement dans une zone à 3.600-3.700 mètres, il faut savoir qu'on n'a jamais récupéré de boîtes noires à cette profondeur et que par ailleurs les courants sont puissants au fond, donc c'est une opération qui sera extrêmement délicate», déclarait dans la matinée le ministre chargé des Transports, Jean-Louis Borloo au micro de RMC. Durant la conférence de presse qu’il a tenu ce mercredi matin, le Bureau d’enquêtes et d’analyses (BEA) a reconnu «ne pas être d’un optimisme total» sur la possibilité de retrouver les boîtes noires.

«Ne laissez pas croire à qui que ce soit que nous sommes devant la question suivante: si nous avons les enregistreurs, nous saurons ce qui c'est passé, si nous ne les avons pas, nous ne saurons pas. C'est faux», a demandé aux médias le directeur du BEA, Paul Louis Arslanian, ajoutant que les boîtes noires ne sont «pas le seul outil». En attendant, le BEA a sollicité lundi l’aide d’une entreprise des Bouches-du-Rhône spécialisée dans la localisation sous-marine par GPS. C’est la même qui était intervenue lors du crash du Boeing 737 à Charm-El-Cheikh en 2004. «On nous a demandé d’être mobilisés et on attend confirmation pour le départ», a confirmé à l'AFP Yann Lepage, responsable du département robotique sous-marine de Acsa. Bémol, le système de localisation mis au point par l’entreprise est inopérant au-delà de 3.000 mètres de fonds.

«Ramasser les débris»

Avec respectivement 72 et 59 ressortissants disparus sur les 228 passagers du vol AF447, la France et le Brésil dirigent logiquement les opérations de recherche. La base principale des opérations a été installée dans l'archipel de Fernando de Noronha, à 350 km des côtes brésiliennes et à 650 km du lieu de la catastrophe.

Depuis mardi, plusieurs appareils brésiliens font des recherches conjointement avec la France, les Etats-Unis et l'Espagne, au milieu de l'Atlantique. Trois navires marchands présents dans le secteur ont également été déroutés afin de participer aux recherches. Ils ont depuis été rejoints par un patrouilleur de la marine brésilienne, puis par une frégate et une corvette.

Les navires marchands et militaires présents sur place «vont maintenant ramasser les débris» flottant en surface avant que ne soit engagée la phase sous-marine des recherches pour localiser l'épave, dans les prochaines semaines, a expliqué ce mercredi le capitaine de vaisseau Christophe Prazuck, de l'état-major.

Airbus offre sa «pleine assistance technique » 
 
Des avions de patrouille maritime français participent activement aux recherches. Conçu pour traquer et détruire les sous-marins, un Atlantique 2 survole à basse altitude la zone où l'armée de l'air brésilienne avait découvert mardi les débris de l'A330 d'Air France. D'autres vols militaires français sont prévus dans la journée, dont celui d'un avion radar Awacs qui doit effectuer une «cartographie » des débris. Cette dernière permettrait, par recoupement, de déterminer le lieu de l'accident et faciliter ensuite le repêchage des boîtes noires. Cette cartographie sera complétée par un Falcon 50 qui décollera de Natal, au Brésil, et par un nouveau vol d'Atlantique 2.

Ce mercredi est en quelque sorte «une journée de transition » pour le capitaine de vaisseau Prazuck, expliquant que l'on «allait passer d'une opération aérienne couvrant une large zone à une opération navale sur une zone restreinte».
Autre soutien de poids, celui du constructeur de l'avion. Dès lundi, Airbus s’est dit prêt à offrir sa «pleine assistance technique» aux investigations. «Si le BEA a besoin de nous pour des précisions techniques sur l'appareil, on est là pour leur donner les informations», explique-t-on au siège du constructeur à Toulouse. Concrètement, le constructeur peut par exemple aider à la reconnaissance des parties de l'avion éparpillées lors de l'accident. «Si l'on trouve une pièce, nous sommes à même de dire qu'elle est positionnée à tel endroit de l'avion», précise Airbus.
R.G avec agence
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