DECRYPTAGE - Des coachs artistiques expliquent en quoi elle n'était probablement pas assez préparée à cette surexposition médiatique...
Sa dégringolade a été aussi fulgurante que sa montée en flèche. Susan Boyle, une Ecossaise de 48 ans dont les performances vocales ont été vues en masse sur YouTube, a craqué après avoir perdu la finale de l’émission «Britain's Got Talent».
Hospitalisée d’urgence, elle serait très inquiète pour son futur, a confié son frère,
cité par Reuters. «Son plus gros souci après samedi soir était de savoir si elle serait toujours acceptée et reconnue du public. Elle n’a pas gagné la compétition et se demande si les gens veulent-ils toujours l’entendre chanter.»
En clair, Susan Boyle souffre, comme beaucoup de candidats de la télé-réalité avant elle, d’avoir été trop vite
exposée à la lumière. «Il y a eu une battue médiatique sans précédent sur cette femme, à la fois sur sa voix et son physique, jugé disgracieux, décrypte Benjamin Brossart, coach artistique à Lyon, interrogé par 20minutes.fr. Elle a été sous des feux tels que cela l’a, semble-t-il, brûlée au 3eme degré. La pression peut être insupportable pour quelqu’un qui n’y est pas préparé, et dans ce cas, ce sont les nerfs qui lâchent.»
Trop de lumière, trop vite
Susan Boyle, célibataire et au chômage, a plutôt vécu dans l’ombre jusqu’à ce fameux 11 avril 2009, le jour où le monde entier l’a découverte à la télé. Puis, le lendemain, sur YouTube. Selon Benjamin Brossart, deux sources de stress ont pu plomber la candidate: «Son probable besoin de revanche intérieure sur la vie par la voix; et la pression extérieure des médias qui ne l’auraient pas traitée de la même façon si elle avait eu un physique de télé.» Néanmoins, Subo, comme on la surnomme, savait qu’elle n’avait pas un physique correspondant aux canons de la beauté, mais se voir ainsi épinglée sur ce critère dans la presse provoque un effet loupe qui peut faire mal.
Pour éviter le craquage, l’entourage amical, même bien attentionné, ne suffit pas, il faut un professionnel «capable de prendre le pouls de la santé mentale de l’artiste et le freiner dans son ascension s’il est trop fragile», arguent en chœur les spécialistes à qui l’on a posé la question. Ce qui a sans doute manqué à Susan Boyle, c’est le «mental». Comme les sportifs, la capacité de concentration, la détente des muscles avant la scène (pour ne pas avoir la voix qui chevrote) et l’envie de partager des émotions avec un public, cela se travaille.
Peur de l’oubli
D’après le frère de Susan Boyle, celle-ci a aujourd’hui peur de devoir retrouver sa vie d’avant après cette phase de résonance internationale. Une angoisse qui se retrouve chez beaucoup d’artistes, qu’ils soient débutants ou confirmés. «Tous sont généralement satisfaits d’être exposés dans les médias, explique à 20minutes.fr Philippe Albaret, créateur de la boîte Le Coach, spécialisée dans l’accompagnement artistique. Mais ils ont une peur bleue que cela ne dure pas et qu’ils tombent aux oubliettes dans 5, 10 ans, ou parfois plus tôt.»
Alice Antheaume