Si l'Alsace abrite la capitale de l'Europe, ses habitants participent
paradoxalement peu aux élections des eurodéputés. Au cours des derniers scrutins, la région a toujours enregistré une abstention plus élevée que dans le reste de l'Hexagone. En 2004 par exemple, 38,4 % des Alsaciens avaient pris le chemin des urnes contre 42,8 % au niveau national. Le scrutin de dimanche suivra-t-il la même tendance ? « Il faut être très prudent, la prospective étant, en politique, plus sources d'erreurs que de vérités », estime dans une note publiée hier l'Observatoire des comportements politiques en Alsace (OCPA).
Néanmoins, selon une « simple projection », la participation pourrait être de 37,2 % dans la région et de 40,6 % à l'échelon national. « Une des pistes d'explication est à chercher dans le fait que pendant longtemps le vote d'extrême droite a été fort dans la région, précise Philippe Breton de l'OCPA. Il est difficile pour ceux qui se veulent nationalistes ou régionalistes de se mobiliser pour les européennes. » En Alsace, l'abstentionnisme n'est donc pas « une position d'indifférence mais plus une façon d'exprimer un refus ». La participation, selon l'OCPA, pourrait donc être faible dimanche au Port-du-Rhin, où subsiste « un sentiment d'abandon » depuis les heurts en marge du sommet de l'Otan. W
P. W.