Ecouter, entourer et surtout dire la vérité. Depuis lundi, les familles
des disparus du vol AF447 sont prises en charge à l'aéroport de Roissy. Encadrées par des professionnels et des volontaires d'Air France, elles doivent tout d'abord accepter la tragédie. « La première réaction des proches est généralement le déni. On espère que les victimes soient vivantes, explique Christian Navarre, psychiatre et auteur de « Psy » des catastrophes. Ensuite, il faut "métaboliser" le deuil. On se souvient des proches, on raconte leurs histoires, pourquoi ils se trouvaient au Brésil. » Un récit commun qui permet d'affronter la réalité.
« On les rassure, on leur donne toutes les informations et on promet qu'on ne leur mentira pas », détaille Guillaume Denoix de Saint-Marc, directeur général de l'Association française des victimes du terrorisme et fils d'une victime de l'attentat du DC-10 d'UTA, en 1989. La présence des autorités peut tout de même rassurer les familles. « Toutes vos certitudes s'écroulent. Mais si les institutions sont là, on sent que l'ensemble de la communauté est à vos côtés », affirme Christian Navarre. Une prise en charge toujours plus complète, d'autant plus efficace qu'elle est précoce : « On peut éviter les situations de stress, de dépression », assure le psychiatre. Mais l'attitude de chacun diffère. « Quelqu'un qui restait silencieux, prostré, peut s'effondrer dans les jours suivants. En revanche, une personne qui hurle au début ira peut-être mieux au bout de 48 h. » « Nous, on est là pour les vingt ans qui suivent, assure Guillaume Denoix de Saint-Marc. Des proches de victimes d'autres accidents m'ont appelé pour me dire qu'ils n'avaient pas dormi, qu'ils revivaient "leur" drame. Même si c'était il y a vingt ans. » W