Le 1er janvier 2011, en France et dans la plupart des pays européens, les opérateurs privés pourront prendre en charge tous les courriers, même les moins de 50 grammes, aujourd'hui encore réservés à La Poste.
La fin du monopole a été imposée par une série de directives européennes. En France, l'ouverture à la concurrence s'est effectuée par étape, suivant le poids des courriers. Certains pays ont déjà totalement libéralisé le secteur (Finlande, Suède, Royaume-Uni, Pays-Bas, Allemagne), d'autres ont obtenu un délai jusqu'à 2013 (La Grèce, Chypre, la République tchèque, la Grèce, la Hongrie, la Lettonie, la Lituanie, le Luxembourg, Malte, la Pologne, la Roumanie et la Slovaquie).
Chaque opérateur autorisé par l'Arcep pourra distribuer le courrier. La Poste restera un acteur à part, qui devra assurer un service universel. En théorie, on peut imaginer avoir le choix, pour poster sa lettre, entre la boîte à lettres jaune de La Poste et la verte à petits pois de la concurrence. Un scénario pourtant peu plausible.
IMX par exemple s'occupe de transfrontalier et Press’tissimo de courrier domestique à Paris. «Même en 2011, on ne prendra pas celui des particuliers», annonce Laurent Cayet, directeur général d'IMX et gérant de Press'tissimo. Alternative Post distribue dans une quinzaine de villes, pour les clients qui ont au moins 500 plis à transporter - un seuil rarement atteint par les particuliers. «On n'exclut pas de s'installer sur le marché postal français si la libéralisation n'est pas un trompe-l'œil», indique de son côté Cyrille Gibot, porte-parole de TNT (la poste néerlandaise), «mais pas pour le courrier ordinaire des particuliers».
«Il faudrait de lourds investissements pour concurrencer la Poste pour le courrier des particuliers, et le créneau n'est pas assez rentable pour des concurrents multiples», indique Agnès Verdier-Molinié, vice-présidente de l'Ifrap, think tank spécialisé dans les politiques publiques. «En revanche la concurrence va s'exacerber – et les prix diminuer - pour les colis et les courriers professionnels.»
Les bureaux. Il y a 17.000 points de contact – 12.000 bureaux de Poste, 3.500 «agences postales communales» (un employé de la mairie se charge des services postaux) et 1.500 «relais Poste commerçant». Selon la loi française, 90% de la population doit se trouver à moins de 5 km et 20 minutes d'un point de contact, 99% à moins de 10 km. Le maillage actuel étant plus serré, des bureaux vont-ils fermer? «Nous avons 17.000 points depuis 30 ans, ça ne changera pas», assure Jean-Paul Forceville, directeur des affaires européennes du groupe. La «modalité de présence» évoluera dans certains cas (des relais dans des commerces ou mairies à la place de bureaux).
La tournée du facteur. L'UE impose une tournée par jour au moins 5 jours par semaine. «Ici, la loi dit 6 jours et ça ne sera pas remis en cause», ajoute Jean-Paul Forceville.