Ces normes ont été imposées par une directive de 1976. Elle fixe notamment des seuils en matière de bactéries. «A partir d'une certaine concentration, le baigneur risque d'attraper des maladies», explique Oliver Barrière, chargé de mission environnement à Surfrider Foundation Europe. «Ces bactéries viennent surtout des rejets d'eaux usées».
Une nouvelle directive a été adoptée en 2006 et des seuils plus stricts vont être appliqués au plus tard en 2015. «Les seuils autorisés pour les bactéries seront 4 fois moins élevés», explique Olivier Barrière. Il estime toutefois que cette directive n'est pas assez ambitieuse: seules les zones de baignade sont concernées, pas les sites de sports nautiques; les tests ne sont effectués que pendant la période balnéaire; seule la pollution bactériologique est contrôlée, pas la pollution chimique (qui provient par exemple des usines et des résidus de médicaments ou de tensioactifs – les agents moussants des produits ménagers).
Et surtout, Surfrider Foundation craint que le durcissement des critères ne conduise à la fermeture de nombreuses zones. Selon une étude de l'association, si les nouvelles normes étaient appliquées aujourd'hui, 131 plages pourraient être fermées en France pour qualité de l'eau insuffisante. «Il faut vite engager des travaux; c'est un lourd chantier, les communes ne peuvent pas faire face seules», prévient Oliver Barrière.
En outre, les communes ne maîtrisent souvent pas totalement la qualité de leurs eaux. C'est le cas de celles situées dans les estuaires – les bactéries sont apportées par les cours d'eau. «Chez nous, les travaux d'assainissement seront bientôt terminés, mais on ne sait pas si on sera prêt en 2015, les communes en amont aussi doivent agir», explique par exemple Joël Fernagut, adjoint au développement durable de Wimereux, station balnéaire de la Côte d'Opale.
Le ministère de la Santé assure que l'UE sanctionne les Etats qui préfèrent fermer des plages plutôt que de dépolluer.